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mardi 13 janvier 2009

Les 5 C du don en ligne




J'ai lu avec tellement d'intérêt le billet de l'agence Limite sur le E-donateur, par Fred Bardeau, que non seulement j'ai laissé un commentaire, mais qu'en plus je me suis dit que ca valait la peine de pousser ma réflexion plus loin et de faire quelques recherches pour un billet entier sur la question.

Je me suis alors rappelé cette règle des 5C pour mesurer l'engagement de l'internaute qui me semble particulièrement vraie pour toute action sociétale et philanthropique sur internet.

Les 5C sont (traduction libre):
CRÉER: La plus belle forme d'engagement avec du contenu est l'inspiration qu'il suscite pour aller créer, par exemple, un billet de blogue comme je le fais ici suite au billet de Fred... Créer implique un investissement en temps de réflexion, de recherche et de rédaction, et suscite une conversation (enfin j'espère), ce qui est une magnifique preuve d'engagement.

CRITIQUER: Le fait de laisser un commentaire sur un blogue implique aussi, mais dans une moindre mesure, une certaine réflexion. L'effort en temps est moins important que celui d'écrire tout un billet, et c'est pourquoi cet élément, bien que pertinent, pèse moins sur l'échelle de l'engagement que le fait de créer.

CHATTER: Partager et discuter d'une information donnée peut commencer avec un simple clic. Il ne s'agit pas d'un grand effort. Pourtant cette discussion indique un intérêt certain, et de la pertinence. La discussion générée constitue un acte conversationnel. L'utilisation de certaines plateformes telles que Twitter ou Pownce encourage l'échange et le partage. En conséquence, chatter sur les médias sociaux indique un bon degré d'engagement.

COLLECTER: la tendance du bookmarking, ou utilisation des signets sociaux (comme delicious.com) sont des action s à un seul click. Ce sont des actes intentionnels destinés à archiver ou partager (ou les deux) une information et qui ne prennent pas d'effort ni de temps. Pour autant, de tels partages créent souvent des conversations, ce qui donne à la collecte un certain degré d'engagement.

CLIQUER: les taux de clics et le nombre de pages vues (contrairement à ce que croient encore trop de professionnels du marketing) ne sont pas trés importants car ce sont des actes passifs qui ne génèrent pas de conversation, et n'impliquent que du temps passé à lire. Ces actes ne créent pas de nouveau contenu ni de conversation. Ils ne pésent donc pas lourd dans l'échelle de l'engagement. Par contre, l'intérêt suscité par une lecture peut créer un certain engagement (une nouvelle lecture, un abonnement) qui peut augmenter avec l'usage et qui a donc son importance relative.

Avoir ces 5C à l'esprit lors de toute campagne internet (sociétale ou pas) permet d'avoir une idée assez précise des progrés réalisés, et en ce qui me préoccuppe, des résultats par rapport à la cause défendue. C'est évident pour les organismes caritatifs, mais c'est aussi vrai des entreprises du secteur marchand: les campagnes cherchent à créer des changements comportementaux.

Que votre objectif soit la lute contre la pauvreté dans le monde, ou le portefeuille du consommateur (parfois ces deux objectifs se rejoignent), votre équipe marketing cherche à créer un changement comportemental: un achat, un don, du bénévolat, bref, un engagement.


Pour aller encore plus loin et rechercher l'action, au delà de l'engagement, on on peut lire cet article qui pousse encore plus loin la notion d'engagegment et la manière de la mesurer... avec ce graphique qui place encore deux étapes aprés l'engagement: l'influence et l'action:


Le E-donateur (comme le consommateur) se situe à l'extrémité de cette chaine.
C'est pour comprendre ce processus que les organismes caritatifs recherchant des campagnes web doivent s'adresser à des professionnels ayant la triple compétence: marketing - internet- sociétale...

Maintenant, une fois que vous êtes parvenus à avoir un E-donateur, que faites-vous? Hé bien c'est comme pour le sexe. Soit vous êtes du genre à chercher une relation pour une nuit, soit vous recherchez la relation durable. Si c'est la deuxième option qui vous intéresse, vous voudrez instaurer ce qui est le plus difficile (mais aussi le plus gratifiant) à obtenir: la confiance.

Car sur internet en général, mais dans les médias sociaux en particulier, ce qui prime dans la relation, c'est la confiance. C'est elle qui fait que l'on revient sur votre site, que l'on redonne à nouveau, que l'on devient ambassadeur de la cause, et mieux encore, propriétaires de la cause (c'est légitime: on paye pour!)

La confiance est tellement importante que si j'avais créé la théorie des 5C, je l'aurais appellé la théorie des 6C en y incluant la Confiance. Je sais ca ne marche pas en anglais, mais justement, faites-moi confiance, c'est là qu'est votre but ultime quand vous parlez d'E-donateur (ou de consommateur).


Crédit photo

dimanche 14 septembre 2008

La Caravane des marchands du non-marchand



La "Caravane des marchands du non-marchand" est un projet qui macère depuis quelques mois.
Il est né d'une discussion avec mon comparse Fredéric Bardeau de Trilogicom. Fred et moi avons fait nos études ensembles (il y a longtemps), et 15 ans plus tard nous nous sommes retrouvés à faire le même métier et à animer des blogues aux préoccupations communes, chacun d'un coté de l'Atlantique: la Fontaine de pierres et le blogue de Trilogicom. De là l'idée de créer la Caravane des marchands du non-marchand que nous sommes fiers de lancer aujourd'hui.


Mais de quoi s'agit-il exactement? L'idée reprend le concept des "carnival of blogs", ces regroupements de blogueurs qui publient et échangent autour d'un thème commun. En ce qui nous concerne, comme son nom l'indique sans détour, notre caravane sera consacrée aux problématiques du secteur non-marchand: tous les professionnels du marketing de la cause, les communicateurs de l'humanitaire et autres professionnels de la solidarité sont donc concernés... et conviés à amener leur pierre, et ainsi à joindre leurs lumières aux notres.


Concrètement, chaque semaine ou chaque mois (selon le nombre de membres), l'un des blogueurs écrira un texte sur un sujet d'intérêt pour tous les autres blogueurs qui pointeront tous vers lui ce jour-là. Chaque blogueur "hébergera" la Caravane des marchands du non-marchand à tour de rôle. Le groupe est ouvert et de nouveaux blogueurs peuvent l'intégrer sur simple demande auprés de trilogicom ou de la Fontaine de pierres. Les conditions d'admission sont très simples: avoir un blogue sur le thème et accepter d'écrire un billet de temps en temps. Il n'y a aucune autre obligation, ni frais et chacun est libre de participer ou pas selon ses envies et sa disponibilité.

La "Caravane des marchands du non-marchand" permet de :
- Favoriser le partage des connaissances sur un thème précis
- Multiplier la participation et les discussions entre blogueurs et leurs lecteurs
- Diversifier les sources d'informations donc les points de vues et les solutions sur des sujets qui nous tiennent à coeur.
- Découvrir de nouveaux blogues dans notre domaine
- Créer/solidifier des liens parmi les blogueurs participants
- Et par la même occasion, d'augmenter le référencement et le trafic de tous les blogues participants ! (en général les blogueurs sont sensibles à ce genre d'argument...)

Moralité, que vous soyez un professionnel du fundraising, un consultant, un employé d'une ONG, un expert, un salarié ou un étudiant, il vous suffit de bloguer autour des thèmes suivants pour participer : philanthropie, solidarité, commerce équitable et achats solidaires, finance solidaire et microfinance, humanitaire, droits de l'homme et développement durable...

Faites-moi savoir si vous êtes intéressés à participer à notre Caravane des marchands du non-marchand, et n'hésitez pas à prévenir d'autres blogueurs de l'existence de la Caravane : ils sont les bienvenus! Vous pouvez le faire dans les commentaires ci-dessous, en me contactant directement, ou encore à l'adresse suivante: lesmarchandsdunonmarchand@gmail.com

Fred et moi envoyons un email à certains contacts que nous devinons/espérons intéressés. Tous les volontaires qui se seront manifestés seront prévenus du détail des prochaines étapes par mail. L'objectif est de lancer la Caravane en octobre prochain.

Répondez nombreux, plus on est de fous, et plus on rit...

mardi 13 mai 2008

Changer le monde: la nouvelle religion des entreprises


Les dirigeants d'entreprises ont compris que les aspirations (légitimes) du public pour un monde meilleur devaient être prises en compte. Du coup, de plus plus d'entreprises adoptent des positionnements et des signatures qui laissent penser qu'elles sont dans l'industrie du changement du monde... ou du moins qu'elles y contribuent activement.

Encore récemment, les entreprises du Fortune 500 s'efforçaient d'apporter des solutions aux problèmes de la vie quotidienne des consommateurs. Aujourd'hui, avez-vous remarqué qu'elles veulent apporter des solutions aux problèmes de la planète entière?

Quelques exemples pour illustrer ce phénomène: dans les années 60, le géant de la chimie et des nouveaux textiles, inventeur du Lycra notamment, DuPont de Nemours signait "Better things for better living" . Une idée toute simple: nous vous facilitons la vie. Aujourd'hui, le pollueur notoire Exxon Mobil affiche sa signature: "Taking on he world's toughest energy challenges". Un autre géant, Wal Mart a participé activement l'an dernier à la campagne environnementale "Change a light, change the world" qui incitait à changer nos ampoules classiques pour des fluocompactes moins énergivores... mais dont on sait maintenant que l'empreinte carbone est pire que celle de son ancêtre.

Dans le même esprit philanthropique qui semble animer nos géants de la consommation, Starbuck propose du café équitable, Gap et Nike soutiennent qu'elles surveillent les conditions de travail de leurs ateliers du sud-est asiatique et les fabricants d'ordinateurs insistent sur le recyclage des composants de leurs machines et sur les économies d'énergies de leurs fermes de serveurs... Que se passe-t-il? Assistons nous réellement à un réel changement de mentalité? Ne s'agit-il que d'une bonne conscience de facade? Impossible de donner une seule réponse applicable à toutes les compagnies affichant un slogan vert ou humaniste. Mais ce que l'on peut dire par contre, c'est que nous vivons dans un monde de richesses telles que l'humanité n'en n'a jamais connu. Bien sur la pauvreté est encore une triste réalité, mais dans l'ensemble nos pays occidentaux produisent plus et nous vivons dans un monde d'abondance et de choix. Les produits viennent du monde entier pour remplir les rayonnages de nos magasins de telle sorte que l'on peut désormais manger des fraises en n'importe quelle saison et dans n'importe quel pays. La satisfaction de nos besoins en termes de société reprennent ceux de la pyramide de maslow. Nous sommes à une époque où nous pouvons nous permettre en tant que société de nous occuper des autres car nous avons à peu prés remplis nos propres besoins primaires.




La beauté de la chose, c'est qu'une fois que nous avons atteint la satisfaction de ce type de besoin, on ne peux plus faire une croix dessus. Même si l'économie mondiale menace de récession, les sociétés vont certes se recentrer sur leurs propres besoins, mais les grandes compagnies ne pourront pas pour autant exploiter les producteurs de café nicaraguayens ou des enfants dans des sweat-shops. Elles devront continuer d'afficher des résultats éthiques et de rendre compte de leur responsabilité sociale. C'est pourquoi nous allons assister dans l'avenir à de plus en plus de campagnes de marketing responsable.