samedi 31 janvier 2009

Je donne un cours sur "La webTV et l'art de se faire voir sur le web"



Puisque la Fontaine de pierres est un blogue sur la philanthropie 2.0, car je suis spécialisé à la fois sur les activités philanthropiques, mais aussi, (même si j'en parle moins ici), sur le web 2.0 en général. Dans ce contexte, je donne des cours, des formations ou des séminaires dans plusieurs domaines, dont la webTV. Mon cours d'aujourd'hui se donnait à l'inis, pour l'agence topo, dans le cadre du cursus des ateliers Makila. Comme ils le disent eux-mêmes sur leur site: "Souhaitant expérimenter avec la diffusion de courts-métrages et les modalités de collaboration, les membres de Makila s’intéressent au développement d’une Kalavera deliciosa interactive à l’internet où le défilement linéaire actuel des clips vidéo deviendrait arborescent et ouvert à la participation collective des internautes." Un projet ambitieux à surveiller aux confins des arts, de l'expérimentation, des nouvelles technologies, et du web 2.0, bref tout ce que j'aime... le 15 mars à la SAT.

Je couvre dans mon cours les différents moyens adoptés par les diffuseurs et par les producteurs pour se faire voir sur le web... et pour trouver des financements. Bien que le modèle d'affaire de la webTV reste encore à identifier, et que la recette miracle n'existe pas encore, plusieurs tirent pourtant leur épingle du jeu...

Ce cours représente la deuxième partie pratico-pratique d'un cours plus vaste dont la première partie théorique était donnée par mon comparse Martin Lessard en matinée.

Cette rapide présentation powerpoint ne donne qu'un survol et un trés vague apercu du cours, qui lui dure 4 heures... Il existe aussi une version plus longue de 8 heures de ce cours.

Je cite dans cette formation de nombreuses webTV d'ici et d'ailleurs, que vous retrouverez ci-dessous. Cependant, je suis toujours prêt à en découvrir de nouvelles, donc n'hésitez pas à me faire signe si vous en lancez une nouvelle, si vous comptez le faire bientôt, ou si je ne connais pas encore la votre...

vendredi 30 janvier 2009

Aidvertising - violence conjugale

video
C'est vendredi! Le jour de l'aidvertising, où je souligne une campagne sociétale dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention. Cette semaine, au Québec, c'est la campagne gouvernementale contre la violence conjugale qui a fait sensation et parler d'elle.

Le spot TV reprend le phénomène de la téléréalité. Ils ont aussi créé un minisite qui vaut la visite: vivreaboutdesouffle.com qui donne une assez bonne idée de comment les victimes peuvent se sentir et inciteà la libérer.


Ce qui est intéressant dans cette campagne, ce n'est pas seulement sa créativité, mais c'est surtout l'utilisation de tous les suports médias pour véhiculer le message et renvoyer au site du gouvernement: violenceconjugale.gouv.qc.ca qui permet de s'adresser à 3 cibles différentes, en leur offrant du contenu spécifique: les gens ayant besoin d'aide directe, ceux qui cherchent à comprendre le phénomène de la violence conjugale, et enfin ceux qui voudraient aider quelqu'un d'autre qu'ils soupçonnent vivre cette situation.


Les sites sont à la fois informatifs et incitatifs.
Une campagne imprimée est également dans les journaux:

Bref, une bonne campagne.

mercredi 28 janvier 2009

Davos 2009, et mes suggestions à la Fondation Gates




Bill gates vient juste de publier sa newsletter annuelle , et selon Robert Scoble sur Twitter, tout le monde à Davos l'a déjà lue avant d'arriver au sommet qui commence aujourd'hui. Je l'ai donc lue aussi même si je ne suis pas à Davos. Dans la mesure ou le thème annuel est "redessiner le monde d'aprés la crise", il est intéressant de constater que tous ces grands acteurs économiques s'inspirent des écrits du plus céèbre des philantropes.

Bill Gates annonce dans cette lettre ne pas avoir échappé à la crise, et sa fondation aurait perdu 20% de ses avoirs en 2008. Ceci ne l'a pas empéché de financer des projets à hauteur de 5% de ses actifs pour un total de 3,3 milliards de dollars. Par ailleurs, il nous annonce qu'en 2009, c'est un total de 7%, soit 3,8 milliards de dollars qui seront investis dans ses causes de prédilection que sot la santé et l'éducation.

Je ne suis pas un gestionnaire d'actifs, (et ne souhaite pas le devenir), mais si j'avais les miettes de 30 milliards de dollars à dépenser en philanthropie, je crois que je prendrais une partie de ces avoirs, mettons une petite centaine de millions de dollars, et je créerai un fonds d'investissement en capital social (ou philanthropique) comme j'en parlai déjà ici l'an dernier... Ce fonds d'investissement serait voué à aider des entreprises (et non des ONG) qui auraient cette particularité de faire progresser des causes sociétales. L'idée est de renforcer l'aspect lucratif de la philanthropie. C'est déjà l'idée de Bill Gates lui-même lorsqu'il parlait l'an dernier de capitalisme créatif. Un tel fonds lui permettrait d'avoir un moyen et un levier pour mettre en aplication son concept.

Une autre suggestion que je permettrai de faire à l'illustre Bill Gates, car elle est aussi dans l'air du temps, ce serait de développer un outil de mesure des résultats obtenus. Il se plaint lui même dans sa lettre que
-"Another way that running a foundation is not like running a business is that you don’t have customers who beat you up when you get things wrong or competitors who work to take those customers away from you. You don’t have a stock price that goes up and down to tell you how you’re doing. This lack of a natural feedback loop means that we as a foundation have to be even more careful in picking our goals and being honest with ourselves when we are not achieving them."

Créer un outil, ou un système à grande échelle qui permettrait de faire remonter l'information, les insights des premiers bénéficiaires de ses actions et d'en mesurer l'impact sur leur vie serait une innovation dont toutes les autres ONG bénéficieraient. Quand on est le plus important joueur, il me semble que nous avons la responsabilité de créer les standards de l'industrie...
Une piste pour parvenir à un tel outil serait de développer ce que Beth Kanter appelle le nouveau ROI, dans lequel le i serait celui d'insight et non d'investissement. L'idée n'est pas de supprimer la notion de retour sur investissement, bien au contraire, mais de lui ajouter une notion de retour sur opinion. Un tel système serait au coeur de la philanthropie 2.0 puisqu'il permettrait le dialogue dans les deux sens: bottom-up et top-down.

Quand on constate que l'industrie philanthropique a ses entrées au plus hauts niveau de l'état et de l'entreprise, on en peut que se demander dans quelle mesure elle ne va pas carrément influencer les politiques de par ses réflexions et ses moyens financiers... Cette tendance inévitable m'incite encore plus à militer pour une forme de prise en compte des efforts philanthropiques sur la population cible...

Quand on voit qu'Obama s'efforce d'obtenir des commentaires et du soutien de la part de sa base, et deu l'ensemble de la population, il me semble que les grandes institutions philanthropiques du type de la Fondation Gates devraient travailler à mettre en oeuvre des outils similaires... qui bien sur passeront par le web, vous ne croyez pas?

vendredi 16 janvier 2009

Aidvertising - banque alimentaire de Chicago




C'est vendredi! Le jour de l'aidvertising, où je souligne une campagne sociétale dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine des campagnes sociétales comme je les aime. Ce n'est pas du shockvertising, loin de là, mais dans la première on utilise les clichés d'un type de produit (ici les parfums) pour parler d'un problème beaucoup plus grave: la pauvreté. Une campagne qui parle à la tête, qui fait réfléchir, et je l'espère, agir.

Je choisis ce thème cette semaine car le mois de janvier est traditionnellement la période la plus difficile pour les banques alimentaires. En effet, les dons se font avant ou pendant les fêtes, juste aprés, c'est la pénurie car "la saison du don" est passée...

Une bonne raison de donner, comme le montre cet autre spot, c'est que se retrouver dans la rue, ca pourrait arriver à tout le monde...

mardi 13 janvier 2009

Les 5 C du don en ligne




J'ai lu avec tellement d'intérêt le billet de l'agence Limite sur le E-donateur, par Fred Bardeau, que non seulement j'ai laissé un commentaire, mais qu'en plus je me suis dit que ca valait la peine de pousser ma réflexion plus loin et de faire quelques recherches pour un billet entier sur la question.

Je me suis alors rappelé cette règle des 5C pour mesurer l'engagement de l'internaute qui me semble particulièrement vraie pour toute action sociétale et philanthropique sur internet.

Les 5C sont (traduction libre):
CRÉER: La plus belle forme d'engagement avec du contenu est l'inspiration qu'il suscite pour aller créer, par exemple, un billet de blogue comme je le fais ici suite au billet de Fred... Créer implique un investissement en temps de réflexion, de recherche et de rédaction, et suscite une conversation (enfin j'espère), ce qui est une magnifique preuve d'engagement.

CRITIQUER: Le fait de laisser un commentaire sur un blogue implique aussi, mais dans une moindre mesure, une certaine réflexion. L'effort en temps est moins important que celui d'écrire tout un billet, et c'est pourquoi cet élément, bien que pertinent, pèse moins sur l'échelle de l'engagement que le fait de créer.

CHATTER: Partager et discuter d'une information donnée peut commencer avec un simple clic. Il ne s'agit pas d'un grand effort. Pourtant cette discussion indique un intérêt certain, et de la pertinence. La discussion générée constitue un acte conversationnel. L'utilisation de certaines plateformes telles que Twitter ou Pownce encourage l'échange et le partage. En conséquence, chatter sur les médias sociaux indique un bon degré d'engagement.

COLLECTER: la tendance du bookmarking, ou utilisation des signets sociaux (comme delicious.com) sont des action s à un seul click. Ce sont des actes intentionnels destinés à archiver ou partager (ou les deux) une information et qui ne prennent pas d'effort ni de temps. Pour autant, de tels partages créent souvent des conversations, ce qui donne à la collecte un certain degré d'engagement.

CLIQUER: les taux de clics et le nombre de pages vues (contrairement à ce que croient encore trop de professionnels du marketing) ne sont pas trés importants car ce sont des actes passifs qui ne génèrent pas de conversation, et n'impliquent que du temps passé à lire. Ces actes ne créent pas de nouveau contenu ni de conversation. Ils ne pésent donc pas lourd dans l'échelle de l'engagement. Par contre, l'intérêt suscité par une lecture peut créer un certain engagement (une nouvelle lecture, un abonnement) qui peut augmenter avec l'usage et qui a donc son importance relative.

Avoir ces 5C à l'esprit lors de toute campagne internet (sociétale ou pas) permet d'avoir une idée assez précise des progrés réalisés, et en ce qui me préoccuppe, des résultats par rapport à la cause défendue. C'est évident pour les organismes caritatifs, mais c'est aussi vrai des entreprises du secteur marchand: les campagnes cherchent à créer des changements comportementaux.

Que votre objectif soit la lute contre la pauvreté dans le monde, ou le portefeuille du consommateur (parfois ces deux objectifs se rejoignent), votre équipe marketing cherche à créer un changement comportemental: un achat, un don, du bénévolat, bref, un engagement.


Pour aller encore plus loin et rechercher l'action, au delà de l'engagement, on on peut lire cet article qui pousse encore plus loin la notion d'engagegment et la manière de la mesurer... avec ce graphique qui place encore deux étapes aprés l'engagement: l'influence et l'action:


Le E-donateur (comme le consommateur) se situe à l'extrémité de cette chaine.
C'est pour comprendre ce processus que les organismes caritatifs recherchant des campagnes web doivent s'adresser à des professionnels ayant la triple compétence: marketing - internet- sociétale...

Maintenant, une fois que vous êtes parvenus à avoir un E-donateur, que faites-vous? Hé bien c'est comme pour le sexe. Soit vous êtes du genre à chercher une relation pour une nuit, soit vous recherchez la relation durable. Si c'est la deuxième option qui vous intéresse, vous voudrez instaurer ce qui est le plus difficile (mais aussi le plus gratifiant) à obtenir: la confiance.

Car sur internet en général, mais dans les médias sociaux en particulier, ce qui prime dans la relation, c'est la confiance. C'est elle qui fait que l'on revient sur votre site, que l'on redonne à nouveau, que l'on devient ambassadeur de la cause, et mieux encore, propriétaires de la cause (c'est légitime: on paye pour!)

La confiance est tellement importante que si j'avais créé la théorie des 5C, je l'aurais appellé la théorie des 6C en y incluant la Confiance. Je sais ca ne marche pas en anglais, mais justement, faites-moi confiance, c'est là qu'est votre but ultime quand vous parlez d'E-donateur (ou de consommateur).


Crédit photo

lundi 12 janvier 2009

50 exemples de shockvertising

Depuis que j'ai écrit cet article sur le shockvertising, on me demande souvent si je peux fournir d'autres références sur le sujet.

Alors je vous soumet ce lien qui vous renverra vers un site répertoriant 50 annonces cataloguées "shockvertising". Toutes ne concernent pas les OSBL, et toutes ne sont pas forcément non plus à caractère sexuel (c'est pourtant le raccourci le plus facile à prendre dans le domaine depuis que l'on sait en pub que le sexe fait vendre). Cependant, constater l'ampleur et l'escalade du phénomène m'incite plus que jamais à penser que ce procédé du shockvertising n'a pas d'avenir dans le monde des campagnes sociétales efficaces. L'escalade dans le sanglant, le gluant, le morbide ou le porno a forcément une limite. Et le fait que le sociétal n'ait plus le monopole du shockvertising me renforce dans ma conviction que les ONG devraient y penser à deux fois avant d'accepter de tels concepts pour véhiculer leur message.

Ci-dessous, quelques-un des exemples du lien donné plus haut, et qui justement ne parlent pas des ONG, pour vous monter à quel point ces images sont devenues inutiles... La mode est peut-être le deuxième secteur, aprés le sociétal a aimer le shockvertising, entre le porn-chic et le kitsch, faire choquant n'est pas trés difficile. Cependant, en tant que gars de marketing, si l'image a un effet prolongé sur les neurones, l'attribution à la marque, elle, me parait beaucoup plus soluble dans l'oubli... je vous laisse juger...


POUR UN MAGASINE ALLEMAND:


POUR DU CAFÉ:


POUR SISLEY :


POUR TOM FORD PARFUM:

vendredi 9 janvier 2009

Aidvertising - WWF canada

video


C'est vendredi! Le jour de l'aidvertising, où je souligne une campagne sociétale dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Voici la dernière campagne sociétale de WWF Canada.
J'aime l'aspect mobilisateur et responsabilisateur du message. Il indique que chacun peut et doit faire sa part. C'est la logique de l'effet domino: si tout le monde s'y met, des progrés seront notables... Le message concerne autant les industries que les consommateurs.
C'est le gros bon sens, mais ca demandait à être dit, et montré.

Premier festival du film sociétal

L'été dernier je militais pour des Lions Humanitaires à Cannes. A défaut de voir (encore) le jour, cette initiative a été prise de vitesse par le International Social Action Film Festival (ou ISAFF).

Le Festival se présente avec la vidéo suivante:



Le festival se tiendra le 9 Février, dans plusieurs endroits du monde en même temps. Le festival est en fait une franchise. Qui veut m'aider à lancer ce festival du film sociétal à Montréal? Les réglements sont ici?Il nous faut une salle, un comité de séléction, un peu de buzz (amis bloggers...), et surtout de films à présenter, je peux me charger de la pub et d'un peu de médias... les délais sont courts mais ca me parait jouable, un peu de défis pour contrer la morosité, ca ne peut pas faire de mal n'est-ce pas? Contactez-moi si vous souhaitez m'aider à mettre la machine en route...

jeudi 8 janvier 2009

4 prédictions sur l'avenir du web social



Ce ne sont pas des deux de piques qui font ces prédictions, mais un panel d'experts réunis par Forrester Research autour de Jeremiah Owyang, LE stratège web.

Le panel à été réalisé en Octobre dernier mais la présentation n'est arrivée sur Slideshare que la semaine dernière.

Amis experts des médias sociaux, voici 4 prédictions qui valent la peine d'être étudiées. Je ne sais pas vous, mais moi je connais quelques clients à qui je vais envoyer cette présentation... pour soutenir certaines de mes idées et concepts...

mercredi 7 janvier 2009

"Creative Commons" ou "Charity Commons"?

video

Je voulais que La Fontaine de pierres commence l'année 2009 sur une note à la fois optimiste (bien que le monde parle de crise économique ou de guerre), et à la fois qui s'inscrive dans une certaine continuité avec l'élan donné en 2008 par la campagne présidentielle américaine et l'élection de Barack Obama.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Creative Commons, regardez le clip ci-dessus, il explique à merveille comment la licence Creative Commons permet de partager tout matériel créatif sur internet tout en respectant et les droits d'auteurs.

Ensuite, regardez cet autre clip de Creative Commons qui, fort de son succès pour les produits créatifs (textes, photos, vidéos et musiques), essaie de transformer l'essai en se lançant dans le domaine plus spécifique de la science. Les chercheurs du monde entier pourraient partager leurs connaissances et expériences dans l'optique de parvenir plus vite à des résultats.



Ces deux clips ont été réalisés par Jesse Dylan, récemment propulsé au sommet de la gloire en mettant en image le clip à l'impressionnant pouvoir viral du Yes we can de will.i.am, qui mettait en musique le fameux discours d'Obama. Ce clip fait partie des 10 vidéos virales sélectionnées par le Washington Post pour représenter l'année 2008 et a été vu plus d'3 million de fois sur youtube.



Maintenant, l'idée avec laquelle j'ouvre 2009 serait la possibilité pour Creative Commons (ou qui que ce soit d'autre) de créer sur le même modèle une licence pour les organismes caritatifs, grâce à laquelle tous les OSBL et ONG pourraient partager leurs trucs et astuces, leurs cas d'écoles, ceux qui marchent et ceux qui ne marchent pas, dans le plus pur esprit du web collaboratif. Trop souvent les OSBL travaillent en silos. L'idée serait de les réunir autant que possible, et de les grouper autour de projets communs afin de maximiser leur impact sociétal.
Aprés le Creative Commons, puis le Science Commons, pourquoi pas le Charity Commons, ou encore le Giving Commons? Moi je vote pour!

Voilà un souhait, ou un rève, pour 2009.
Vous, que voyez-vous en 2009 pour la philanthropie 2.0?

(Vous trouverez d'autres clips de Creative Commons ici)