lundi 21 décembre 2009

Le début d'une nouvelle ère?


Cette semaine, j'apprenais une nouvelle qui terrorise une grande partie des médias traditionnels mais qui moi me réjouis: Pepsi vient d'annoncer que cette année, pour la première fois depuis 24 ans, elle n'achèterait pas d'espace publicitaire pendant le Superbowl. Voir la nouvelle ici

C'est un manque à gagner de plus de 20 millions de dollars pour la télévision.
Fedex a emboité le pas en déclarant également ne plus faire partie des annonceurs du célébrissime évènement planétaire aux 100 millions de téléspectateurs. Fedex était déjà absente en 2009, mais pour Pepsi, connue pour lancer des annonces que toute l;'industrie publicitaire attendait lors de cet évènement, c'est une révolution culturelle.

Quand de gros joueurs décident de lacher le 30 secondes pour se concentrer sur des activités numériques les grand médias traditionnels commencent à trembler...

Mais ce qui m'intéresse surtout c'est la volonté de Pepsi de réorienter ses investissements vers un projet philanthropique 2.0. Si tous les budgets publicitaires migrent vers de bonnes causes ca me donne bon espoir de voir certaines choses s'arranger...

Que propose Pepsi? Est-ce vraiment un projet philanthropique? Ou une simple manière détournée de se faire du capital de sympathie sur le dos d'une cause quelconque, genre la mission poétique de one drop?

A partir de janvier prochain, Pepsi allouera ses budgets vers l'initiative "Pepsi refresh project" dont le but est de faire voter les internautes vers les projets communautaires qu'ils souhaiteraient voir financés par Pepsi.

Cette réorientation de la stratégie marketing vers les médias sociaux ne s'arrête pas là pour Pepsi. Ils vont aussi lancer le premier show récurrent sur la chaine de webtélé Hulu en partenariat avec Ford: "If i can dream"

Je retiens la citation suivante de cet article : "In 2010, each of our beverage brands has a strategy and marketing platform that will be less about a singular event and more about a movement," Pepsi spokesperson Nicole Bradley told the Associated Press.

Il semble que les grands annonceurs de ce monde aient compris que le nerf de la guerre se joue non seulement sur le web, mais plus particulièrement sur les médias sociaux. Ceux qui ajouteront une couche de philanthropie 2.0 gagneront encore plus de visibilité et leur cote d'amour au sein des internautes/consommateurs s'en trouvera renforcée.


Quelque chose me dit que la philanthropie 2.0 va bien se porter en 2010...

vendredi 11 décembre 2009

Aidvertising- Le pouvoir des médias sociaux

J'adore les médias sociaux.
J'en mange tous les jours.
Ils sont au coeur de mes activités, et de mes stratégies.
Voici une vidéo que je viens de trouver (ici en faisant le ménage de mon retard de google reader) et qui démontre pour les incrédules combien les médias sociaux sont puissants, efficaces, pertinents, et surtout rentables.

Aucun exemple de non-profit dans ce vidéo (si je ne compte pas Obama, référence ultime dans les médias sociaux), mais ca n'a aucune importance, les chiffres parlent pour tous les secteurs... enjoy.

jeudi 10 décembre 2009

Conférence France Générosité - bilan

Long silence sur la Fontaine de Pierres pour cause de déplacement peu reposant à Paris. Je ne me plains pas, loin de là, mais la semaine du retour, il faut aussi payer son absence en mettant les bouchées doubles. Et ensuite préparer plusieurs projets emballants qui annoncent le prochain séjour...

J'ai adoré la conférence. Beaucoup de monde, beaucoup de rencontres, beaucoup de choses intéressantes se sont dites et le spectre des thèmes abordés allait du non-donateur au philanthro-capitalisme en passant par Twitter et en faisant même un crochet par le Mont Ventoux.

Une grande surprise quand même: alors que je viens faire une présentation sur les innovations technologiques en levée de fonds, dans la salle personne n'a d'ordinateur sur les genoux, (de toutes facons, il n'y aurait pas eu de prise éléctrique pour tout le monde), pas d'écran avec le fil des tweets, (de toutes facons personne ne twitte, et il n'y a pas de hashtag dédié). Pas de wifi non plus c'est dire. Beaucoup de Blackberry certes, mais j'étais loin des conférences de geeks auxquelles je suis habitué... Quand je vois le flot d'info qui déferle avec #leweb09 cette semaine, j'en conclu que la situation est (heureusement?) propre au secteur non-profit.

La preuve qu'il y a encore un gros travail d'éducation sur le secteur.



La plupart des conférences sont disponibles ici sur le site de France Générosité.

Ci-dessous, les slides du panel sur lequel j'ai participé, avec:
- L'intro de Claude Pouvreau, d'Optimus, sur les nouveaux donateurs
- La section de Frank Deleau vantant les mérites d'émolife en street marketing, même si c'était pas vraiment nouveau
- Un topo sur la prochaine opé du WWF au Mont Ventoux, qui ne parlait ni de nouveau donateur ni de nouvelles technologies. C'était trés intéressant au demeurant que je n'ai toujours pas compris la pertinence sur un tel panel
- Un topo assez technique (et intense) sur l'emailing en fundraising de la part d'Epsilon, j'en ai vu plusieurs s'endormir
- Et enfin ma propre partie sur les nouveaux donateurs ou je me suis efforcé (de réveiller ceux qui s'étaient assoupis et) de donner autant que possible des exemples nord-américains afin d'être sur d'amener du nouveau , vu que je ne savais pas de quoi les autres allaient parler.






Moralité?
J'ai adoré la journée, les rencontres et les conférences données, je reviendrai bientôt sur ma préférée dans un autre billet: celle sur les non-donateurs donnée par Frank Hourdeau, DGA de Mediaprism groupe. On se penche souvent sur les raisons de donner, mais les raisons de ne pas donner sont généralement laissées dans l'ombre, alors que 30% des francais déclarent ne jamais donner...
Merci à Claude pour son invitation et à France Générosité pour l'organisation. Mais l'an prochain, mettez du wifi quand même ;-)

J'ai regretté de ne passer qu'en dernier sur le panel qui n'en n'était pas un puisque chacun faisait sa prez. J'ai regretté aussi que le public n'ait pas eu plus de temps pour interagir car la période des questions s'annoncait passionnante. On sentait le bouillonnement, l'interêt sur la question, et la volonté d'en savoir plus des 230 personnes présentes... J'ai passé au moins autant de temps à répondre aux questions à la sortie que pendant le panel.

Une trés bonne expérience donc, et qui me fait conclure que le non-profit francais est certes en retard en nouvelles technologies mais a la nette volonté d'aller d el'avant et de combler ce retard. Affaire à suivre donc.

lundi 30 novembre 2009

Je donne une conférence à Paris

Cette semaine, je serai moins présent sur la toile, en déplacement en Europe.

Je serai à Paris pour donner une conférence dans le cadre de la 4ème journée nationale d'information sur les générosités organisée par France Générosité.

Le programme détaillé de la journée est disponible ici.

J'ai été invité sur un panel par Claude Pouvreau, professionnel de la levée de fonds pour les OSBL chez Optimus qui participe souvent aux débats de la Fontaine de Pierres, et qui anime son propre blogue. Nous parlerons des nouvelles façons de donner. Qui est ce fameux E-donateur dont on nous parle tant?Les réseaux sociaux, est-ce pertinent pour le don? Les dons par SMS, est-ce que ca marche? Pourquoi les OSBL devraient elles bloguer plus? Et puis le panel ne serait pas complet si on n'évoquait pas Twitter et ses diverses actions de fundraising...

Un journée riche, et un séjour (toujours trop court) qui va aussi me permettre de (re)rencontrer de nombreux acteurs du caritatif francais... et aussi pas mal d'amis. Je vous raconte à mon retour...

dimanche 29 novembre 2009

La faim d'un pays

La faim d'un pays est le nom d'un documentaire percutant sur la pauvreté infantile au Canada qui sera diffusé sur RDI à Grands Reportages demain lundi le 30 novembre à 20h. A vos TV!

C'est rare qu'un blogueur incite à regarder la télé, surtout un blogueur spécialisé dans le 2.0, et je crois d'ailleurs que c'est la première fois que je le fais sur la Fontaine de Pierres.

Mais cette fois c'est spécial: le sujet me touche de prés puisqu'il concerne les centres d'intérêt de mon blogue (et de son lectorat), que j'ai moi même des enfants, et qu'en plus le réalisateur est un ami. J'ai rencontré Mark et son équipe de Balestra lors d'un mandat pour eux.
Quand on a la chance de mêler nos compétences professionnelles avec nos passions et nos préoccupations sociales, le mandat prend soudainement une ampleur spéciale. Je suis heureux aujourd'hui de pouvoir mentionner le travail de Mark et la diffusion de son documentaire sur les ondes de RDI

L’année 2009 marque le vingtième anniversaire d’une résolution votée dans l’enthousiasme et à l’unanimité par les parlementaires canadiens. Cette résolution avait comme libellé la phrase suivante : « Le gouvernement du Canada s’engage à éradiquer la pauvreté infantile au pays avant l’an 2000. »

Le réalisateur Mark Chatel a voulu savoir où en était cette lutte 20 ans plus tard. Le constat qu’il fait est accablant : 700 000 enfants continuent à vivre dans la pauvreté et, ce, dans l’indifférence générale. Et 40% des enfants pauvres ont un parent qui travaille à temps plein. Comment un tel échec est-il possible dans un pays comme le nôtre, supposément riche et prospère?

Pour trouver une réponse à cette question, Mark Chatel a parcouru le pays d’Ouest en Est. Il a rencontré des parents, enseignants, intervenants sociaux, politiciens et, bien sûr, des enfants qui côtoient et subissent quotidiennement les affres de la pauvreté. Ed Broadbent, Daniel Germain et le docteur Gilles Julien sont notamment interviewés.

Le réalisateur a également voulu voir comment, en tant que citoyens d’un pays comme le Canada, nous pouvions faire notre part pour mettre fin à l’une des réalités les plus troublantes de notre pays. Certains constats sont bien sûr décourageants tandis que d’autres permettent de croire que la solution pour mettre fin à la pauvreté des enfants est peut-être bien moins complexe que l’on se l’imagine…

Un documentaire que je vous engage à regarder.

vendredi 27 novembre 2009

Aidvertising: Le shockvertising, on y retourne!



Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, je l'ai vu passer sur plusieurs blogues, je l'ai recue deux fois en liens directement par mail via des amis, et pour une fois, je dois dire que j'ai aimé. Il s'agit de la campagne de shockvertising pour Plane Stupid, une ONG britannique luttant contre les émissions de carbones produites par les avions. Le message: un voyage en avion, c'est en moyenne 400 Kg de CO2... par passager, soit le poids d'un ours polaire.

Voir pleuvoir des ours polaires, ce n'est pas tous les jours. Les voir éclater plein de sang sur le rebord d'un immeuble, sur un trottoir, ou sur du mobilier urbain, ce sont des images pour le moins inattendues. On est en plein shockvertising donc.

Réalisation léchée. Trés beau, trés divertissant, et drole pour ceux qui ont le sens de l'humour macabre ou troisième degré (je fais partie de ceux là, j'ai beaucoup ri!).

Mais comme toujours quand je parle de shockvertising, je pose la question: est-ce vraiment efficace? Va-t-on sur le site? Qui se souvient du nom de l'annonceur? Qui donne? Et combien? L'annonceur aurait-il fait la même pub s'il avait payé son message publicitaire? Le shockvertising, ce ne serait pas un syndrome du travail pro-bono des agences?

J'aime le message, mais il ne change rien. Quand on veut changer le monde (c'est l'ambition de toutes les ONG), et qu'on se lance dans une campagne de changement comportemental, on s'efforce de faire plus que de choquer: on donne des outils, on fait réfléchir, on incite à poser un certain geste, à créer une habitude, mais on ne se content pas de pointer du doigt...

Je n'aime décidément toujours pas le shockvertising... mais quelque chose me dit que j'aurais encore l'occasion d'en parler.

jeudi 26 novembre 2009

Le prix Nobel de la paix à internet?



C'est le Magazine Wired italien qui a lancé cette initiative étrange que de proposer que le prix Nobel 2010 soit offert à internet. Quelle drole d'idée non? Pour ceux qui ont des lacunes en italien, wired a repris le texte en anglais ici.

Ils ont lancé un manifeste sur youtube qui énumère toutes les bonnes raisons de cette proposition, et bien sur le portrait ne serait pas complet sans un site web digne de ce nom. Le site internetforpeace.org réponds donc à ce besoin.

Des célébrités ont déjà cautionné l'initiative, telles que la déjà prix Nobel (en 2003) Shirin Ebadi, ou encore Georgio Armani.

Alors bonne ou mauvaise idée ce Nobel à l'internet?

En ce qui me concerne, bien que J'ADORE internet, (et que j'en vive), je le considère toutefois comme un outil. Un outil formidable certes mais un simple outil quand même. Or la finalité de l'outil dépends toujours de celui qui l'utilise.

Oui bien sur internet permet le rapprochement des peuples, il incarne la liberté d'expression, il facilite la diffusion des informations (pensons au récent role de Twitter en Iran), la coopération scientifique, ou les levées de fonds...La liste des bienfaits d'internet pourrait durer tout un long billet. Mais il permet aussi, entre les mains de personnes malintentionnées, d'organiser des attentats terroristes, de coordonner des opérations de malfaiteurs, de gérer des réseaux de prostitution juvénile, et la liste pourrait également se poursuivre sur des pages et des pages...

Le 10 Novembre dernier, un certain monsieur kalachnikov a fété ses 90 ans, et fut nommé à cette occasion "Héro de la Russie" par le président russe Medvedev, pour avoir inventé le plus célèbre fusil mitrailleur du monde l'AK47. Ce fusil est le symbole des guerilleros et autres libertadors. Combien de pays a-t-il servi à libérer? Et combien de soldats sont morts sous ses balles? Quelqu'un a déjà eu l'idée de nommer la mitraillette comme prix Nobel? Ou Monsieur Kalachnikov? Non bien sur.

J'ai un peu la même impression avec la nomination d'internet. Loin d'être aussi meurtrier que la Kalachnikov, il demeure un outil au service de qui l'emploie, que ce soit pour une cause philanthropique ou meutrière...

J'irai même encore plus loin, j'ai l'impression qu'internet a déjà eu son prix Nobel, cette année avec l'attribution du Prix à Barack Obama. Il a été nominé un mois aprés son éléction. Ce n'est donc pas son oeuvre encore inexistante qui a été reconnue, mais bien plutôt l'espoir que son arrivée a pu susciter, et avec son arrivée au pouvoir, sa méthode de rassemblement autur d'une cause grâce à son outil privilégié: internet. En donnant le prix Nobel à Barack Obama cette année, internet a déjà été reconnu par l'académie Nobel. Inutile donc d'y retourner l'an prochain.

Je préfèrerai un mouvement, un organisme particulièrement actif, ou une personnalité dont les actes plus que les intentions soient reconnues. A féliciter les intentions ou les espoirs plutôt que les actes concrets, on en vient à récompenser un ancien président d'organisation internationalement reconnue comme terroriste, et responsable de nombreux attentats comme ce fut le cas avec Yasser Arafat en 1993.

Si on voulait conserver la crédibilité du Nobel et la lier au web, on pourrait nommer, comme le suggère Francis Pisani, une organisation qui dans son travail en faveur de la paix, a le mieux (ou le plus) utilisé internet. Ca, ce serait moderne et innovant sans être inutile...

Le débat est ouvert: on donne le prix Nobel à internet, ou à celui qui l'utilise le mieux pour sa cause?

jeudi 19 novembre 2009

Ma conférence webeducation sur le web en temps réél

Aujourd'hui je donnais une conférence-formation sur le web en temps réel à des responsables gouvernementaux: webmestres, responsables et agents des communications dans le cadre des formations webeducation.

Mon défi: couvrir les implications philosophico-politico-sociales du web en temps réél... (rien de moins) en 40 minutes. On pouvait suivre la conférence sur le fil twitter #webeduc, et ceux qui veulent savoir ce qui s'y est dit peuvent encore s'y référer. Il semble que ce webeducation fut un bon cru, en frande partie grace à l'organisation sans faille de Simon Bédard, stratège web, et de ses autres invités conférenciers que furent Luc Vaillancourt, Carl-Frédéric De Celles et Sébastien Provencher, avec le soutien et l'animation de Thierry Goulet.

Puisque je suis trés impliqué dans différentes opérations gouvernementales dans le cadre de mes mandats avec l'agence Brad, je me suis efforcé de donner autant d'exemples que possibles couvrant les secteurs publics et parapublics.

Voici le powerpoint de ma présentation. Bien sur c'est plus intéressant en live (!) mais ca devrait tout de même donner une (petite) idée. Par contre je ne m'explique pas pourquoi la typo a été transformée, et les animations flash supprimées par le transfert sur Slideshare. Du coup c'est trés moche, ce n'était pas comme ca en vrai, je vous assure...

mercredi 18 novembre 2009

Rapport sur l'état de la philanthropie d'entreprise en 2008

Le nouveau rapport 2009 "Giving in numbers" vient de sortir.
Il fait état du don par des entreprises privées en se basant sur l'analyse des donations de 137 compagnies dont 55 parmi le Fortune 100 réalisées en 2008.

Le rapport signale que
  • 53% des 102 plus grandes compagnies sondées ont déclaré une hausse de leur don malgré une économie en récession, les autres ont moins donné.
  • 27% ont même augmenté leur don de plus de 10%
  • Les augmentations de dons ont surtout été faites en biens et services plus qu'en espèce sonnante et trébuchante
  • Les entreprises du Fortune 100 donnent en moyenne 18% de leur don à des organismes internationaux, contre 11% pour les non F-100
  • 86% des compagnies sondées ont leur propre fondation
  • L'étude constate que le don s'érode continuellement depuis plusieurs années, passant de 10,7 milliards de dollars en 2006 à $10,3 milliards en 2008.


  • Bien que les chiffres de 2009 ne fassent pas partie de l'étude, 56% des CEO interrogés ont déclarés vouloir concentrer leur don sur une cause reliée à leur stratégie d'affaires pour les années à venir.
L'étude complète est téléchargeable ici, gratuitement (mais il faut s'enregistrer).

La tendance semble d'ores et déjà se maintenir pour 2009. En effet selon une étude de LGB research, citée par USA Today et basée sur un sondage parmi 76 entreprises, la philanthropie d'entreprise devrait diminuer d'encore 2% à 5% par rapport à 2008.

Malheureusement, c'est quand les besoins sont les plus criants que les dons diminuent...

mercredi 11 novembre 2009

Je serai conférencier sur le web en temps réél à Québec

Tous les mois, le gouvernement du Québec organise une journée webéducation au cours de laquelle des conférences sont données par différents experts sur un thème commun. Le 19 novembre prochain, la journée webéducation aura pour thème le web en temps réél, l'un des sujets chauds du moment sur le web.

J'ai été invité par Simon Bédard, organisateur de la journée, à parler des implications sociales et philosophiques de cette nouvelle réalité du web. Comment il change nos manières de fonctionner et de penser. Comment il transforme des notions telles que la patience, le travail, la coopération, ou l'information.

J'y donnerai aussi des exemples d'initiatives publiques utilisant le web en temps réél, provenant des pays les plus innovants en matière de ce qu'il est désormais convenu d'appeller le gouvernement 2.0. ou #gov2 sur twitter.

par ailleurs je serai bien entouré puisque les experts suivants seront aussi conférenciers: Luc Vaillancourt, Carl-Frédéric De Celles, Simon Bédard et Sébastien Provencher. A la fin de la journée, un panel nous réunira tous pour échanger et débattre du web en temps réél. Vous trouverez le programme détaillé de la journée ici.

Les journées webéducation sont principalement destinées aux webmestres et responsables des communications des ministères et autres organismes gouvernementaux, mais sont ouvertes à tous, il suffit de s'inscrire ici et c'est gratuit, mais les places sont limitées.

Vous pourrez aussi suivre la conférence sur twitter avec le hashtag suivant: #webeduc

mercredi 4 novembre 2009

Donner aux anes ou aux femmes ?


Je suis récemment tombé sur une statistique étonnante qui m'a fait me poser des questions.
Savez vous que l'organisme britannique Donkey sanctuary récolte plus en levée de fonds que les 3 principaux organismes luttant contre la violence conjugale réunis? Le sanctuaire des anes récolte 20 millions de livres et les organismes contre la violence 17 selon des chiffres de 2006 cités dans cet article du Guardian en Avril 2008.

Les chiffres datent un peu, mais peu importe, le propos est de constater, et de s'interroger, sur de tels écarts. Est-il légitime de donner autant d'argent pour des animaux quand il y a tant d'êtres humains en souffrance? En tant que société, plaçons-nous nos efforts à la bonne place? Devrait-il exister des systèmes pour privilégier tel type de don?

La question n'est jamais posée car la vraie question n'est pas tant de savoir s'il vaut mieux donner aux animaux qu'aux hommes, mais de savoir comment hierarchiser les causes humanitaires et philanthropiques, ce qui est inacceptable.

Poser la question de la hierarchisation des causes est tout simplement impossible en plus d'être déplacé. En effet qui dit hiérarchiser dit aussi jugement de valeur. Devrions-nous calculer le nombre de mort d'une cause avant de nous décider à donner? Non bien sur. Si la souffrance est prise en compte dans le geste du don, les principes le sont tout autant. Même s'il meurt moins de femmes de violence conjugale en Angleterre que de famine en Afrique, la première cause mérite tout autant notre attention et notre soutien que la seconde. Il ne suffit pas d'être deux OSBL pour être comparable.

Par ailleurs ceux qui essaient de hiérarchiser les causes ignorent un principe fondamental de l'économie caritative, c'est la non-transférabilité du don. On ne peut pas demander d'arrêter de donner aux animaux pour donner aux humains, celà ne fonctionne tout simplement pas comme ca. Il n'existe pas de vases communicants entre les causes.

Sans compter que le don aux animaux rejaillit aussi indirectement en bénéfices difficilement calculables sur l'humain. Pour reprendre l'exemple de donkey sanctuary par exemple, ils consacrent une partie de leurs activités aux enfants handicapés, qui créent une relation affective avec les animaux, en vue d'améliorer leur estime de soi et leur développement. L'organisme finance aussi des cliniques vétérinaires pour aider les ânes dans les pays pauvres, ce qui aide autant leurs propriétaires que les bêtes elles-mêmes... Les frontières sont donc très minces entre les causes et leurs bénéfices.

C'est pourquoi on assiste aujourd'hui tout de même à une certaine selection des organismes caritatifs, en concurrence pour leurs opérations de levées de fonds, mais qui se font plus au niveau de leur efficacité. On parle aussi de plus en plus de capitalisme philanthropique, où des financements conséquents sont accordés en fonction du retour sur investissement, des résultats attendus et sur des données telles que le pourcentage affecté à l'administration du don versus celui affecté aux actions de terrain. Nous assistons aussi de plus en plus, du moins de ce coté de l'atlantique, à un mouvement de regroupement (parlerons-nous de fusion?) des organismes caritatifs luttant pour les mêmes causes. Arrêter de travailler en silo est un bon début pour maximiser l'impact du don...

C'est une tendance humaine naturelle que de vouloir hiérarchiser, cataloguer, ou trier, mais dans le domaine du marketing de la cause, c'est tout simplement impossible. Personne n'a le monopole du cœur comme disait quelqu'un... et en l'occurrence personne ne doit l'avoir.

vendredi 23 octobre 2009

Aidvertising - un spoof pour le don du sang



Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, je craque pour Sleevie, un spoof d'un niveau de kitch rarement atteint. J'ai déjà parlé ici de l'humour au service des causes sociétales, dont le message est souvent plus porteur que les campagnes utilisant le shockvertising.

Ce spoof au service du don du sang est une initiative de l'organisme de collecte "in your hands."

Pour ceux qui n'auraient pas vu l'original, le voici:




Difficile de faire plus kitsch n'est-ce pas? C'est peut-être (?) un peu trop mais j'aime quand même bien l'idée d'explorer cette direction. Ca a le mérite de se faire remarquer dans le monde trop souvent sirupeux, voire moraliste (une pierre dans ton jardin Chris) des campagnes sociétales...

vous aimez?

mardi 20 octobre 2009

J'achète la pauvreté



Je viens de recevoir le communiqué de presse de la toute dernière campagne de la Fondation de l'alphabétisation. Si j'ai toujours admiré la cause, je n'ai pas toujours aimé leurs campagnes, surtout celle de l'an dernier que je trouvais trop compliqué.

Cette année par contre la campagne est un petit bijou. Ils ont laissé de coté l'aspect images léchées pour revenir à du conceptuel, probablement bien moins cher à produire d'ailleurs, et selon moi beaucoup plus efficace.

L'idée est d'acheter des mots, donc jouer la carte du micro-don. Pour la somme de 5$, vous pouvez acheter un mot sur le microsite dédié motsdepot.com et créer votre propre affiche en toute simplicité. Au Québec, on compte 800 000 personnes analphabètes, ou avec de grandes difficultés de lecture, c'est dire si la cause est importante.

Moi je crois que je vais acheter la pauvreté, et la jeter à la poubelle...

On peut même s'acheter son status facebook pour 10cents le caractère!

Et ils ont poussé le concept jusqu'à présenter une machine distributrice de mots au centre ville.






Alors bravo la Fondation pour l'alphabétisation. Une campagne parfaite réunissant tous les ingrédients de la réussite: une campagne de porte paroles, un volet web permettant la levée de fonds et le viral, et bien sur une campagne médias trad grace à de nombreux partenariats. La fondation a désormais une bonne notoriété: elle est présente et fait des campagnes régulièrement, parfois trés fortes. Celle-ci me semble être la plus efficace depuis longtemps. Un bel exemple de philanthropie 2.0




Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la Fondation, sa mission et ses actions, consultez le site officiel de la fondationalphabetisation .

mercredi 14 octobre 2009

Des scupltures pour ne pas rester de glace





En Allemagne, le WWF a récemment créé une opération visant à sensibiliser les esprits aux changements climatiques, et particulièrement à la fonte de l'arctique. Plus de 1000 sculptures d'humains, réalisées par l'artiste brésilien Nele Azevedo ont été déposées au pied du mur de Berlin, sur les marches de la place Gendarmenmakt, afin de montrer l'effet dect des changement climatiques sur la population.

Les scupltures se sont mises à fondre en 30 minutes.

L'opération coïncidait avec la sortie d'un rapport sur le réchauffement de l'arctique commandé par le WWF et intitulé:
Artic Feedbacks: The Impact on Global Climate Change. Le rapport souligne que la fonte des glaces n'aura pas seulement les effets sur la région arctique mais que la planète enti;ere en subira les conséquences.

Bien évidemment, le fait de coïncider aussi avec la prochaine rencontre des Nations Unies à Copenhague en décembre prochain a encore renforcé la visibilité de cet évènement haut en couleur, aux images et à la symbolique marquantes.

Selon Martin Hiller, chef de la campagne changements climatiques du WWF monde, "Ce qu'il se passe dans l'arctique aura des répercussions directes sur le climat dans plusieurs parties du monde. Ce n'est plus un probème local".

" Le niveau des mers pourrait augmenter d'un mètre au cours du présent siècle, menaçant ainsi le quart de l'humanité résidant sur les régions cotières."

Plus d'images ici
Photoblog de Nele Azevedo ici
Source: WWF

lundi 12 octobre 2009

Éléctions municipales 2.0

Il semble que le Québec commence à surfer avec assurance sur la vague de politique 2.0 et de gouvernement 2.0. En quelques semaines c'est 3 campagnes web autour des élections municipales qui ont vu le jour avec des succès plus ou moins retentissants.

Une première campagne pour le ministère des affaires municipales incitait les gens à poser leur candidature aux élections avec une campagne plurimédia renvoyant au microsite www.delaparoleauxactes.com qui permettait entre autre de créer sa propre affiche électorale et la diffuser sur facebook. Il faut savoir que dans la province du Québec, sur un total de prés de 1000 municipalités, les élections n'auront pas lieu dans 50% d'entre elles, par faute de combattant: un seul candidat se présentant, il sera élu par proclamation et non par éléctions. Démocratiquement parlant, mettons qu'on peut mieux faire...

On a ensuite assisté à la campagne réalisée par Cossette pour le Directeur général des élections de Montréal qui elle avait pour ambition de faire sortir le vote à Montréal, en jouant la carte de ces émissions de TV racoleuses.

Voici la pub:



Et voici une déclinaison de la même campagne, qui se déroule en plusieurs actes, tous reopris sur ls site RDTV.ca, la fausse webTV des éléctions.



Une grande partie du succés de cette campagne est venu du fait que Jean Luc Mongrain, (ambassadeur de ces émissions) a pété sa durite, s'est senti insulté, et en a fait un thème de son émission du lendemain, voir l'extrait ici:



Aujourd'hui, c'est au tour du Directeur Général des élections de la ville de Québec de lancer sa campagne destinée à faire sortir le vote, et notamment auprés des jeunes. Lui aussi utilise massivement youtube où son spot de campagne est diffusé. Le voici:



Je me demande si Jean Luc Mongrain va en parler aussi... J'imagine que le fait que de nombreux présentateurs radio de la ville de Québec aient été non seulement au courant, mais ont en outre participé bénévolement, l'incitera à comparer les deux campagnes... affaire à suivre.

Le vidéo de la campagne est aussi accessible via l'adresse www.check-ca.com afin d'en faciliter la viralité. Par ailleurs, un certain nombre de blogueurs reconnus pour leur intérêt de l'utilisation de la vidéo sur internet ont été contacté en amont du lancement public de la campagne, et certains ont été vite sur la gachette pour en parler le jour même: voir les articles de Dominique Arpin, Zelaurent, ou Pat Dion.

Alors que la campagne commencera officiellement le lendemain du long congé de l'action de grace, le mardi 13 octobre, les blogueurs ont été prévenu pendant le week-end, le dimanche 11 octobre.

Bref, tout ca pour dire que j'assiste, tout heureux, à une nette évolution des manières de communiquer de tous les grands organismes reliés aux éléctions muncipales québécoises. WebTélé, médias sociaux, microsites, opérations de relations publiques 2.0 s'adressant à la blogosphère, la panoplie des outils 2.0 utilisés est de plus en plus large. Utiliser les outils 2.0 enmarketing demande encore beaucoup d'éducation des clients, mais quand c'est le monde politique et institutionnel qui embarque, ca donne espoir de voir le rythme des changements et du virage 2.0 s'accélérer. On va peut-être finir par y parvenir à ce fameux plan numérique pour le Québec...


Question de transparence: Je ne fais pas qu'assister à ces développement, ou à les commenter sur mon blogue, mais j'y apporte aussi parfois ma modeste contribution. En l'occurrence, les campagnes pour le ministère des affaires municipales et celle pour la ville de Québec ont été réalisées par l'agence Brad-Marketing... pour laquelle je suis en charge de la direction de la planification stratégique interactive.

mercredi 7 octobre 2009

Concours philanthropique de l'ado le plus généreux

Il fallait un être un gestionnaire de fonds de placements de l'acabit de McKenzie pour lancer une telle initiative qui est détaillée comme suit sur le site de McKenzie:

Fais-tu don de ton temps, de ton argent, ou des deux, à une cause caritative? As-tu renoncé au sommeil, à ton argent de poche et à tes loisirs pour venir en aide à des gens qui sont dans le besoin? Si c’est le cas, nous avons besoin de toi! La Corporation Financière Mackenzie est à la recherche de l’adolescent le plus philanthrope du Canada.
  • Le gagnant recevra un prix de 5 000 $ qui ira à un organisme de bienfaisance de son choix.
  • Il recevra EN PLUS 1 000 $ comptant qu’il pourra garder, idéalement pour cotiser à un REEE et aider à payer ses études futures.
  • Cinq autres finalistes recevront chacun 500 $ qu’ils remettront à un organisme de bienfaisance de leur choix.
  • Les bulletins de participation doivent être reçus au plus tard le 2 novembre 2009, date de clôture du concours, à 23 h 59.
Plus que tout autre groupe d'âge, les jeunes font preuve d'un grand désir d'aider les moins fortunés, selon un nouveau sondage appuyant le concours "L'ado le plus philanthrope du Canada" et dont les résultats se trouvent ici.

Les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour changer le monde
Selon ce sondage, 81 pour cent des personnes âgées de 19 ans utilisent Facebook et 30 pour cent utilisent Twitter pour promouvoir leurs activités caritatives.

Contrairement aux résultats d'un sondage semblable, mené l'année dernière, qui présentait la santé comme étant la cause la plus importante pour les adolescents, c'est cette année la pauvreté qui les concerne le plus. En fait, l'intérêt envers les œuvres caritatives luttant contre la pauvreté a grimpé de 16 pour cent depuis 2008, atteignant aujourd'hui 38 pour cent. La deuxième cause en importance pour les adolescents est la santé (36 pour cent, comparativement à 30 pour cent en 2008) suivie par l'environnement (30 pour cent, comparativement à 20 pour cent en 2008).

Les résultats du sondage révèlent que les adolescents utilisent Internet pour passer le mot à propos des œuvres caritatives qu'ils appuient: Plus de la moitié (54 pour cent) ont déclaré utiliser Facebook pour communiquer au sujet d'activités caritatives; 50 pour cent déclarent le faire par courriel et 10 pour cent utilisent Twitter. Ces chiffres augmentent nettement en fonction de l'âge, les jeunes filles âgées entre 16 et 19 ans déclarent qu'elles ont recours à Facebook et 63 pour cent des jeunes hommes du même âge utilisent ce réseau social en ligne pour communiquer au sujet d'activités caritatives.

L'année dernière, 58 pour cent des adolescents ont déclaré faire don de leur temps ou de leur argent pour effectuer des travaux caritatifs. Parmi les jeunes qui faisaient don de leur argent, 45 pour cent déclaraient avoir donné entre 5 et 10 dollars l'année passée, 5 pour cent seulement déclarant avoir donné entre 100 et 300 dollars, reflet probable de la période que nous traversons.

Le souhait de contribuer à leur communauté est comme par le passé le facteur qui motive le plus les adolescents à appuyer un organisme caritatif (37 pour cent), suivi de près par le désir d'améliorer le monde (36 pour cent). Répondre aux exigences scolaires constituait le troisième facteur en importance.

Au delà du simple concours, c'est surtout pour nous offrir ce portrait du don chez les jeunes canadiens que cette initiative est intéressante. C'est aussi un moyen de soutenir la cause de la philanthropie elle-même auprés des plus jeunes.

mardi 6 octobre 2009

Philanthropie québécoise en état de crise

Je viens de tomber sur cet article de Pierre Asselin dans le Soleil de Québec, qui fait un excellent topo sur l'état du don au Québec en 2009, depuis l'effet crise de 2009, chiffres à l'appui.
Je le reproduit intégralement ci-dessous.

La crise rends moins généreux

(Québec) La générosité des individus et des entreprises a souffert du ralentissement économique, indique un sondage Léger Marketing. On estime que les dons ont diminué de 10 à 20 % en 2009, soit un manque de quelque 300 millions $ que doivent essuyer les organismes du domaine de la santé, de l'entraide, de la religion, de la culture et des sports.

L'étude a été réalisée pour le compte d'Épisode, une firme-conseil en collecte de fonds. Selon Daniel Asselin, président d'Épisode, les dons individuels, qui représentent plus de 1 milliard $ par an, ont baissé de 5 à 10 % alors que les dons corporatifs et les événements auxquels souscrivent les entreprises, qui approchent eux aussi le milliard de dollars, ont baissé de plus de 25 %.

Ce recul ne doit cependant pas amener les organismes à se faire oublier pendant quelque temps, dit-il. «Il ne faut surtout pas se retirer. Il faut continuer tout en acceptant qu'il y ait des changements pendant une certaine période. D'ici deux ou trois ans on devrait retrouver les standards qu'on avait connus ces dernières années.»

Le sondage révèle que 68 % des Québécois ont effectué un don en 2009, dont un tiers affirme avoir donné moins que l'annnée précédente.

Par ailleurs, les chiffres de Statistiques Canada semblent indiquer que les Québécois sont moins généreux que les autres Canadiens. Le don annuel moyen au Québec serait de 210 $ contre 400 $ pour l'ensemble du pays.

«C'est un portrait trompeur, estime Daniel Asselin. Statistiques Canada se base sur les déclarations d'impôt et notre étude montre que les Québécois font plusieurs dons pour lesquels ils ne réclament pas les crédits d'impôt auxquels ils auraient droit.»

***

Par ailleurs, il semble que la philanthropie et la générosité soient à la mode dans la presse québécoise en ce moment, puisque que nous avons aussi tout un dossier sur le sujet réalisé par Isabelle Grégoire dans le magasine l'Actualité, avec notamment un article de fonds sur les nouveaux philanthropes, ces fameux philanthrocapitalistes, mais aussi un topo sur les extraordinaries, dont je parlais ici il y a quelques mois, et bien d'autres encore.

Je trouve trés encourageant pour l'avenir de la philanthropie le fait qu'elle prenne une place de plus en plus conséquente dans les médias dits traditionnels et non spécialisés. Alors même si le québécois donne moins que l'an dernier à cause de la crise économique, il me semble que c'est plus le don individuel qui est en crise que la philanthropie. Celle-ci me semble plutôt en pleine forme et amenée à progresser encore plus. Si j'en juge par le poids croissant de l'économie sociale, je suis même assez optimiste... Affaire à suivre.

lundi 5 octobre 2009

Philanthropie 1.0 ou philanthropie 2.0?


J'ai découvert une étude des consultants BBMG intitulée Legacy to Leadership: Is Philanthropy Ready for the New Consumer? dans laquelle se trouvait ce petit bijou de shéma.

Il synthétise pour des ONG où elles se situent dans la modernité entre philanthropie 1.0 ou philanthropie 2.0. Ce tableau illustre trés bien le mouvement vers une philanthropie plus soucieuse de son rendement et de son efficacité.

Je ne suis pas forcément d'accord avec tous les points. Par exemple, il me semble que les ONG ont toujours focalisé sur les solutions, et pas seulement sur les problèmes, mais la différence c'est qu'aujourd'hui, c'est sur les solutions qu'il convient de communiquer au grand public. Ce sont ces mêmes solutions qui vont amener le donateur à se comettre, plutôt que de seulement lui souligner le problème... en général en essayant de lui (sou)tirer une larmette.

Par contre ce qui me plait, c'est que les grandes idées qui révolutionnent la philanthropie sont aussi celles qui commandent des changements technologiques. En effet la plupart des points impliquent une présence (et surtout une participation active) sur les médias sociaux. Ce sont eux qui permettent l'approche bottom-up, l'aspect community of believers, que l'on aurait aussi bien pu qualifier de passage de fundraising, à "friend raising".

Alors, ou se situe votre organisation?

A noter que ceux qui voudraient consulter le rapport complet de BBMG d'où j'ai extrait ce tableau peuvent se rendre ici. Il sufit de remplir quelques champs (dont son adresse courriel), pour le recevoir, et on est pas obligé de s'abonner à leur newsletter...

vendredi 2 octobre 2009

Conférence sur la philanthropie d'entreprise

Cette semaine j'ai eu la chance d'être invité au 10ème anniversaire de BNP stratégies - Gestion philanthropique, des champions canadiens de la collecte de fonds pour organismes philanthropiques.


A cette occasion, une conférence sur "la philanthropie à travers la volatilité des marchés financiers" fut donnée par le financier de renom Denis Durand, Associé principal chez Jarislowski Fraser et trés actif sur la scène caritative canadienne. Il est notamment VP du conseil et président du comité de vérification de Care Canada.

J'étais très heureux d'entendre son analyse des problématiques du monde de la philanthropie moderne. Je partage ses commentaires, et certains exemples qu'il relatait étaient du vécu pour moi dans mes expériences de philanthropie d'entreprise.

Voici quelques phrases tirées de sa conférence dont j'ai pris quelques notes:
  • Si les analystes économiques soulignent bruyamment la fin de la récession, aucun ne s'avance à parler de reprise économique non plus.
  • Dans un contexte ou les entreprises limitent les augmentations de salaires au minimum, il est difficile pour elles d'annoncer des dons philanthropiques. Les professionnels de la levée de fonds doivent en tenir compte.
  • La tendance est aux dons de plus petite taille, pour essayer de contenter le plus de monde possible.
  • La récession a enseigné aux fondations d'éviter d'engager de trop larges parts de leurs subventions sur des plans quinquenaux, les privant ainsi de toute marge de manœuvre.
  • En termes de dons, la rationalisation prévaut aussi; on va chercher à optimiser le pourcentage du don effectivement consacré à la cause. Si au moins 50% ne va pas à la cause, vous n'êtes pas crédibles. L'efficacité des sommes investies sera aussi analysée avec un oeil plus critique
  • La visibilité du donateur est importante
  • Les tournois de golf pour lever des fonds, mettons que ca commence à manquer sérieusement d'originalité...
  • Ne pas solliciter tout le temps les mêmes grands donateurs qui vont se fatiguer et s'épuiser. Ne pas oublier non plus que ces donateurs font partie d'un cercle d'influence. Perdre la personnalité c'est aussi perdre son cercle d'influence.
  • La professionnalisation de la philanthropie a du bon, elle permet notamment d'éviter ces écueils.
  • Les dossiers de financements doivent être montés en gardant en mémoire que le directeur de campagne est une personne occupée, ne pas la surcharger: son implication n'est pas un emploi à temps plein.
  • Cesser de faire jouer la corde sensible, mais démontrer la nécessité de la cause et de l'efficacité de l'organisme pour la mener à bien. Le grand donateur est tellement sollicité que la corde émotionelle ne fonctionne plus à la longue (tiens ca me rappelle mon discours sur le shockvertising...)
  • Si vous avez l'idée (tellement originale) de faire un bal caritatif, assurez-vous de sa rentabilité par personne. L'annonce de dons majeurs à cette occasion ne doit pas faire partie du calcul du ROI du bal...
  • Enfin ne pas proposer des opérations trop risquées ou impliquant une logistique trop lourde à gérer. Il évoque à ce sujet un drame personnel qu'il a vécu lors d'une ascension du Kilimandjaro pour Care Canada

En bref, il y a dans ce contenu de nombreuses évidences pour les professionnels de la philanthropie, mais ce discours méritait d'être répété, car il n'est pas encore intégré partout, et trop d'OSBL l'ignorent encore.
Ca fait du bien de constater que certains éléments que l'on répète à ses clients continuellement sont endossés, partagés, et diffusés par les membres les plus respectables et les plus influents de la profession. Ca n'est pas nouveau: il faut des prophètes pour évangéliser au marketing de la cause, et je suis heureux d'en avoir écouter un hier.

vendredi 25 septembre 2009

Aidvertising - Air France se lance dans le don-avec-achat


Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, une fois n'est pas coutume, une promotion, avec une opération d'email marketing.

Air France inaugure son A380, et à cette occasion propose une vente aux enchère des 380 premiers billets des deux premiers vols: Paris-New-York le 20 novembre prochain et New York Paris le 21 Novembre.

Jusque là rien de trés philanthropique, mais la notion de don-avec-achat apparait dans ce qu'Air France appelle sa promesse caritative, et qui permettra de reverser les bénéfices de l,organisation à des organismes caritatifs. Les 3 partenaires retenus sont Association Plan, l'association Francois Xavier Bagnoud (FXD) et l'association Art et développement.

Pour les interessés, les enchères seront ouvertes à partir du 1er octobre ici.

Quant à moi je salue Air France de se lancer dans le don avec achat.
Aprés la taxe Chirac, qui va à UNITAID, et qui fut imposée par le gouvernement, cette opération est une initiative propre, et consentie librement. Quand on est un aussi gros joueur qu'Air France, je ne doute pas de l'effet boule de neige à venir.

Ci-dessous l'email recu. Merci Francois de me l'avoir transmis.


Voyage d'exception avec l'A380 d'Air France
Soyez les premiers à traverser l'Atlantique sur l'A380 d'Air France :
A compter du 1er octobre, Air France organise des enchères pour les deux premiers vols inauguraux Paris-New York et New York-Paris pour vivre une expérience unique.
Participez à des actions humanitaires au bénéfice des enfants défavorisés :
Les bénéfices de cette opération seront reversés à des associations humanitaires séléctionnées par la Fondation Air France pour financer des actions dans plusieurs pays du monde.
À Paris ou à New York, un programme exclusif :
Les gagnants des enchères pourront bénéficier de parcours culturels et shopping pour découvrir ou re-découvrir Paris ou New York avec des expériences inédites et des avantages exclusifs.
Les dates :
  • Rendez-vous le 1er octobre pour le lancement des enchères !

Vous recevrez une communication pour vous informer du début des enchères.

Pour en savoir plus : cliquez ici

mardi 22 septembre 2009

Clinton Global Initiative (CGI): semaine de la philanthropie à New York





Cette année encore, se tient durant toute la semaine la Clinton Global initiative qui en est à sa cinquième initiative, et qui est à la philanthropie ce que le festival de Cannes est au cinéma.

Comme son nom l'indique, cette conférence réunissant des leaders de plusieurs pays, des prix Nobel, d'anciens chefs d'états et des dirigeants d'ONG est parrainée par La Fondation Bill Clinton.

Si comme moi vous n'avez pas été cordialement invité à faire partie de ce club trés select d'éminences grises (et à payer une adhésion de 20,000$), vous pouvez tout de même suivre les sessions en livestreaming ici. Ceux qui veulent poser des questions peuvent même le faire via leur compte twitter.

Un peu plus tard les contenus vidéos seront probablement mis sur le site pour consultation ultérieure comme c'est actuellement le cas avec l'édition 2008, disponible ici.

Au titre des réalisations passées, telles que mentionnées sur le site de la CGI, citons:
  • réduction de 60 millions de tonnes d'émissions de CO2
  • réduction de la malnutrition de 42 millions d'enfants
  • accéssion à des énergies propres pour 4 millions de personnes dans des pays émergents
  • 10 millions d'enfants ayant recu une meilleure éducation
  • 3 millions de personnes ont eu accés à d el'eau potable en Asie
  • financement de 270 organismes de micr0-financement, permettant à 3 millions de microentrepreneurs de se lancer en affaire
Bref, la philanthropie facon Clinton semble bien se porter, en se donnant clairement des objectifs quantifiables et des résultats mesurables. Prés de 46 milliards de dollars engagés auraient déjà fait une différence dans la vie de 200 millions de personnes dans 150 pays...

La philanthropie francophone est encore loin d'avoir une telle initiative, et c'est dommage... ce pourrait être un grand projet mobilisateur... Quel leader charismatique s'y attaquera-t-il?

vendredi 18 septembre 2009

aidvertising - une flash mob pour un ultimatum climatique


Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, j'ai recu un email que je reproduis ci-dessous m'invitant à participer à une gigantesque flash mob mondiale, le 21 septembre procain. Depuis quelques mois, il ne se passe plus une semaine sans que me fasse inviter, sur Facebook ou par email, à une nouvelle flash mob.

Il s'en déroule à la moindre occasion désormais: que ce soit pour un lancement de bière à Montréal (Marie Claude Ducas d'Infopresse en parlait en détail dans son blogue ici), pour une cause sociétale, (j'en parlais déjà au printemps dernier ici) ou encore plus récemment à Montréal pour un ultime hommage à Michael jackson , à moins que ce ne fut un flash mob détourné au profit du ministère de l'immigration comme beaucoup le pensent?

Bref, le flash mob est devenu un outil de communication comme un autre. Ce que je trouve interessant par contre dans la flashmob de l'ultimatum climatique du 21 septembre, c'est sa dimension poilitique: il se veut un moyen de pression sur les dirigeants lors de la prochaine conférence de Copenhague sur les changements climatiques organisée par l'ONU. En attendant, on fait du bruit et on fait sonner des téléphones et des réveils dans le monde entier. Pour la liste des villes par pays, c'est ici.

Voici le message que j'ai recu, qui donne tous les détails...

Bonjour,
Dans moins de 100 jours aura lieu à Copenhague le sommet de l’ONU sur le climat, un rendez-vous crucial pour la lutte contre les changements climatiques. Ce sommet doit absolument aboutir à un accord historique pour nous éviter le pire. Les négociations préparatoires ont déjà débuté et le 22 septembre, les dirigeants mondiaux se rassemblent à New York pour l'Assemblée Générale des Nations unies, où il sera beaucoup question du climat.

Alors, il est temps pour nous de réveiller ces dirigeants et de leur rappeler leurs responsabilités. C’est pourquoi la veille de cette assemblée, le 21 septembre, à 12h18, à l’initiative d’un mouvement mondial pour agir contre le climat soutenu par Kofi Annan, une flash mob va faire le tour du monde (http://tcktcktck.org/events/major-moments/global-wake-call). Dans des centaines de villes, des milliers de citoyens vont faire sonner réveils et portables, faire un maximum de bruit pour que les gouvernements s’engagent fortement sur le front des changements climatiques.

Parlez en autour de vous !!
Pour faire un maximum de bruit, invitez vos réseaux à participer à cette Flash Mob.
Transférez ce mail, postez-le sur votre blog ou diffusez les messages suivants :

jeudi 17 septembre 2009

Le timbre philanthropique de Postes Canada



Encore un bon exemple canadien de ce que j'appelle le "don avec achat".

L'an dernier, l'émission d'un timbre philanthropique a permis à la Fondation de Postes Canada pour la santé mentale d'amasser plus de 340 000 $. Continuant sur sa lancée, Postes Canada met aujourd'hui en circulation un deuxième timbre philanthropique consacré à la santé mentale. Chaque carnet coûte un dollar de plus, lequel est remis à la Fondation.

En 2008, plus d'un million de dollars furent collectés au nom de la Fondation de Postes Canada pour la santé mentale. Grâce aux dons de la population, des employés de Postes Canada, des fournisseurs et des clients de l'entreprise, la Fondation a accordé 20 subventions à des projets qui profitent directement aux personnes touchées par cette maladie.

"Nous voulons continuer à sensibiliser les gens aux problèmes de santé mentale et à leurs incidences sur la vie de tant de Canadiens", explique Moya Greene, présidente-directrice générale de Postes Canada. "Le succès qu'a connu la campagne de l'année dernière, une année très difficile pour de nombreux organismes de bienfaisance, semble indiquer que beaucoup de Canadiens prennent cette cause au sérieux et sont prêts à y accorder l'attention qu'elle mérite. Par cette nouvelle figurine, nous souhaitons davantage conscientiser la population et amasser des fonds pour aider ceux et celles qui doivent composer avec cette maladie."

Le timbre, qui a pour motif une tête humaine traversée par un paysage naturel, a été conçu par la maison Signals Design Group de Vancouver. Choisi comme élément central du motif, l'arbre symbolise la santé, la croissance et l'épanouissement, autant d'objectifs que les personnes touchées par la maladie mentale peuvent atteindre. La forme de l'arbre rappelle subtilement le cerveau humain, alors que le sentier est synonyme d'aspiration à une santé meilleure et à une vie pleinement satisfaisante. "J'ai voulu représenter un moment d'espoir pour cette personne, une éclaircie entre les nuages pour laisser percer le soleil", explique John Belisle, directeur artistique chez Signals.

"Au lieu d'opter d'office pour un ciel bleu sans nuages, nous avons arrêté notre choix sur un vert peu courant", précise Kosta Tsetsekas, concepteur graphique principal chez Signals. "Nous voulions montrer que les personnes souffrant d'une maladie mentale pouvaient voir le monde différemment, et que cette différence ne mérite pas d'être condamnée. En fait, cette perspective modifiée peut être aussi belle que créative."


Pour en savoir davantage sur la Fondation de Postes Canada pour la santé mentale, rendez-vous à l'adresse www.postescanada.ca/unpremierpas.

dimanche 13 septembre 2009

Je présente au Podcamp Montréal sur le Québec et le gouvernement 2.0

L'an dernier j'assistai au tout premier Podcamp Montréal. J'ai tellement adoré mon expérience que cette année, j'ai non seulement décidé d'y retourner mais j'ai aussi proposé aux organisateurs de faire une présentation... qu'ils ont accepté.

Pour le deuxième Podcamp Montréal j'ai choisi de parler de "Gouvernement québécois et politique 2.0" car depuis quelques mois, j'ai la chance de travailler avec Brad Marketing, une agence qui détient plusieurs comptes gouvernementaux, et je suis donc amené à régulièrement me pencher sur des stratégies web du gouvernement, de ses ministères ou de ses organismes affiliés. On est encore bien loin de la manière d'optimiser les médias sociaux telle que nous l'a enseigné Barack Obama, et qui a gagné le grand prix Titanium lors du dernier festival des Lions de Cannes 2009 , mais nous marchons désormais dans les traces des standards qui ont été ainsi fixés. Comment nous mesurons-nous à ces standards? C'est la question à laquelle j'essaie de répondre lors de cette conférence.


Bien que je me spécialise généralement ici dans mon blogue la fontaine de pierres sur des questions philanthropiques, je n'ai jamais caché travailler aussi sur d'autres mandats et je me suis toujours intéressé de très prés à la chose politique comme en témoigne ce billet sur les élection présidentielles américaines par exemple.. Par ailleurs, ceux qui me connaissent savent que qu'avant de faire du marketing, j'ai étudié les sciences politiques alors je reviens toujours un peu à mes premières amours... Et puis surtout politique 2.0 philanthropie 2.0 partagent les mêmes objectifs, et utilisent les mêmes méthodes pour parvenir à leur but ultime commun: le changement comportemental.

Au cours de cette conférence, j'évoquerai des projets web du gouvernement actuel (dont le MSSS, ou le ministère des affaires municipales, et pas seulement des projets sur lesquels j'ai travaillé...) que je compare avec ce qui se fait de mieux dans le domaine, que ce soit aux États Unis ou en Europe... Et comme dans ces anticonférences, l'intérêt est autant dans le dialogue que dans la présentation, j'essaierai de partager avec le public le briefing d'un prochain projet gouvernemental qui sera (peut-être) à la mode trés bientôt: la grippe H1N1.

  • Consulter la liste des présentateurs au Podcamp Montréal 2009 ici (il y a du gros calibre).

jeudi 3 septembre 2009

L'Amérique choquée par une pub sociétale




Une agence brésilienne a eu le mauvais gout de créer une publicité pour le WWF qui a choqué l'amérique entière. On ne plaisante toujours pas avec le 11 septembre!




L'agence de pub DDB Brazil pensait impresionner le WWF en lui soumettant une publicité dans le plus pur style du shockvertising, dont j'ai déjà plusieurs fois exprimé ce dont je pensais. On y montre Manhattan vue du ciel avec une centaine d'avion se précipitant sur des tours. Résultat: le WWF a désavoué l'annonce, et l'amérique entière se plaint de l'indécence mise en image.



Il faut dire que le postulat de base de l'agence démontrait une méconaissance totale du fait sociétal et de sa règle numéro 1: on ne compare pas les causes sociétales. Une cause n'est pas plus digne d'intérêt (ou de dons) en fonction de son nombre de victime. Il n'existe pas (et ne doit pas exister) de classification de l'horreur.



Quand on lit sur l'annonce: "Le tsunami a tué 100 fois plus de monde que le 11 septembre - La planète dispose d'une puissance de frappe brutale, protégez-la, respectez-là", non seulement on ignore cette règle profesionelle de base, mais en plus on insulte toutes les victimes des tristement célèbres attentats américains.



Que l'annonce sorte quelques jours à peine avant la date anniversaire des évènementsdu 11 septembre incite à penser que l'intention de choquer était délibérée.



Le jour même de la sortie de la pub, le WWF a publié un communiqué se désolidarisant de DDB et de cette campagne. Deux jours plus tard, le WWF et DDB annoncaient conjointement leur regret d'avoir laissé passé une telle annonce, au mépris du bon gout et de la douleur des victimes.



Pourtant, une version TV est sortie l'automne dernier, et a même gagné un prix au trés prestigueux one show.





Ah oui, tant qu'à critiquer, autant apporter une dernière précision pour les publicitaires en herbe: il n'existe aucun rapport entre les changements climatiques et le tsunami. Ce dernier a été causé par... un tremblement de terre.



mardi 25 août 2009

Shockvertising contre les SMS au volant - Holy Cow!

Cow, c'est le nom de ce spot de la police de Gwent. Il parle de Cassie COWan, une jeune ado qui fait l'erreur fatale d'écrire un texto en conduisant, et qui entraine 4 longues minutes de souffrance... et 4 personnes au cimetière.

Ce n'est plus un secret pour personne, je ne suis pas un fan du shockvertising, cette vieille technique qui utilise des images à la limite de l'insoutenable pour faire passer un message sociétal. J'ai déjà amplement critiqué cette technique dans la tendance du shockvertising, ou encore le shockvertising est mort. Il faut croire qu'il ne l'est pas partout ni pour tout le monde...


Il existe certes un aspect culturel à ce type de publicité. Les britanniques l'utilisent trés souvent, notamment en termes de sécurité routière, comme c'est ici le cas. Le spot ci-dessous est susceptible d'en choquer plus d'un(e). Ames sensibles s'abstenir... C'est pour ca que je le place tout en bas de la page.

Ce spot, (qui ressemble plus à un court métrage qu'à une pub d'ailleurs), est destiné à être diffusé dans les écoles, lors d'un programme de 30 minutes sur la sécurité routière.

D'un coté, je suis assez convaincu que les jeunes assistant à de tels images éviteront de texter au volant, certes. Mais en même temps, il me semble que le même film pourrait fonctionner aussi contre l'alcool au volant, contre les drogues douces au volant, contre la vitesse au volant,ou pour le port de la ceinture... car finalement l'épisode du texto dure 20 secondes et tout le reste est consacré aux détails de l'accident.

A force de voir toujours les mêmes images d'accidents, de plus en plus pitoyables, larmoyantes (pitié le coup du bébé, c'est vraimment too much!), on finit fatalement par se lasser. On me répondra qu'il est adressé à des jeunes qui ont mons été exposé au phénomène. Je veux bien, mais ils ont tout de même l'age de conduire, ils en ont vu d'autres...

Ce qui m'étonne de la part des britanniques c'est qu'ils continuent encore et toujours d'utiliser cette recette du shockvertising depuis tant d'années. Ca me rappelle cette définition de la folie: "appliquer les mêmes recettes et attendre des résultats différents". Si les images-choc fonctionnaient, il n'y aurait plus d'accident depuis longtemps en Angleterre... La police de Gwent justifie sa campagne ici. Je ne suis pas convaincu. Je préfererai qu'ils me donnent des chiffres... mai je vous laisse juger, voici les images.


vendredi 21 août 2009

L'intelligence émotionelle au service de la philanthropie


Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, ce n'est pas vraiment une campagne, ni du sociétal, et encore moins du 2.0, mais je prétends que la méthode de pensée et de réflexion qui sous-tend le panneau ci-dessus constitue une vague de fonds que les publicitaires et autres planificateurs stratégiques de mon acabit vont bientôt comprendre et intégrer fréquemment aux communications sociétales. Attendez-vous à voir de plus en plus de campagnes reposant sur l'intelligence émotionnelle.


L'intelligence émotionnelle pourrait se définir par "L’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres." Le concept provient surtout de la psychologie sociale, mais la pub, le marketing et les communications s'en empareront, ce qui me semble aller dans un sens du progrés.


Ci-dessous un autre exemple percutant d'intelligence émotionelle appliquée au controle de la vitesse sur les route: plutôt que de mettre des plots, ou ces annonces tellement vues qu'on ne les apercoit même plus "Attention, sortie d'école" ou encore un couteux gendarme, ou un contraignant dos d'ane, à Leicester en angleterre on a maquillé le mobilier urbain pour faire penser aux écoliers .


http://www.howwedrive.com/wp-content/uploads/2009/08/childbollards.jpg

Pour en savoir plus sur l'intelligence émotionelle, lire le blogue de Daniel Pink où j'ai trouvé la plupart des images de ce billet. Mieux encore, on peut lire son livre comme me l'a conseillé mon ami JM qui m'a mis sur la piste de ce billet.

mardi 18 août 2009

La philanthropie fait son show


Ca m'arrive rarement, mais cette semaine je me suis retrouvé un soir en pleine séance de zapping. Aprés 30 minutes de désert culturel, je suis tombé sur la série américaine The Philanthropist de NBC. J'en avais déjà entendu parler car elle fait l'obejet depuisquelques semaines d'un houleux débat aux US, et je voulais me faire mon opinion

The philanthropist est une série en 8 épisodes qui met en scène un play boy milliardaire qui a créé sa fondation et parcours la planète de mission en mission. Un peu caricatural? Oui certes. Ca ne se passe pas comme ca dans la vraie vie? Assurément. Le héros en profite pour chasser ses démons intérieurs depuis qu'il a perdu un fils en bas age? possible, ca crédibilise le personnage...

Mais le débat qui fait rage aux Etats Unis place d'un coté Steve Ginderson, président du Conseil des Fondations, (une pointure dans le domaine) qui a publié un communiqué critiquant le show. Il y accuse en substance le show d'être trop éloigné de la réalité et d'être à la philanthropie ce que les films de la panthère rose sont aux enquêtes policières. Jeff Trexler, dans son blogue critique aussi The philanthropist pour son aspect néocolonialiste.

L'Hudson Institute a donc réuni les partisans et producteurs du show pour en débattre avec ses contradicteurs.


D'un autre coté, les partisans du show, dont l'ambassadeur est le blogueur émérite Sean Stannard Stockton, pensent que le non réalisme ne nuit pas à la philanthropie, au contraire. sa théorie, et je la partage, c'est que le show est attirant, il donne une image plus que positive (bien que fausse) de la philanthropie. Mais peu importe le réalisme, ce qui compte, c'est que de plus en plus de monde, et surtout des jeunes soient tentés de choisir la philanthropie dans leur orientation de carrière. Si la philanthropie devient mainstream grace à une télésérie, peu importe que l'image soit trop hollywoodienne, si elle créé des vocations.

Il n'y a jamais eu autant de candidats aux études médico-légales que depuis que la série CSI - les Experts fait un tabac sur les ondes. On constate la même influence avec "So you think you can danse" et l'engouement pour les cours de danse...

Alors si The Philanthropist peut amener plus de monde à s'orienter vers la philanthropie, moi je dis vive la série! La philanthropie se professionalise et c'est tant mieux, qu'un show en soit un ambassadeur, même un peu mensonger, c'est un bon point... ceux qui voudront vraiment se lancer et en faire carrière ne s'arréteront pas à ces images superficielles. je vois plus la série comme un élément déclencheur que comme un réél ambassaeur ceci dit.

Pour ceux qui voudraient se faire une opinion, voici la bande annonce de la série, qui donne un trés bon apercu du contenu et du ton... alors, vous êtes pour ou contre?


mardi 11 août 2009

Jacqueline Novogratz et son "Blue sweater"


Le livre de Jacqueline Novogratz, "The blue sweater - Bridging the gap between rich and poor in an interconnected world" m'a accompagné pendant mes vacances.

Si vous êtes du genre à vouloir désacraliser le monde de l'humanitaire, en décrivant certes ses aspects les plus positifs, mais aussi son cruel manque de moyen, d'efficacité parfois et souvent d'incompréhension mutuelle souvent, cette lecture vous comblera.

Jacqueline Novogratz est aujourd'hui connue pour être la présidente-fondatrice haute en couleur d'Acumen Funds, et une ambassadrice de la micro-finance, mais auparavant, elle a œuvré pour l'UNICEF en Afrique, ou encore pour la Fondation Rockefeller, mais ses premières classes, elle les a faite à la Chase Manhattan bank. Elle provient donc du milieu de la haute finance, et ce sont ses grands principes qu'elle applique à la philanthropie, avec des succès mesurables, quantifiables, et surtout très prometteurs. Elle fait donc partie de cette mouvance de plus en plus populaire que les observateurs qualifient de "philanthrocapitalisme".

Elle raconte dans son livre l'histoire de sa carrière dans le monde des ONG, sa passion pour l'Afrique, et notamment les différentes époques qu'elle a connu du Rwanda, avant et aprés le génocide.

The Blue sweater se lit comme un roman, et malgré le nombre incalculable d'embuches sur le chemin du développement et de la lutte contre la pauvreté dans le monde, on termine sur une note positive, car sur une durée de 20 ans, les résultats sont encourageants, les progrès sont notables, et même si les projets ne sont pas tous des succés, la foi dans la richesse de l'humain est toujours la plus forte.
D'ailleurs elle nous apprends à ne plus penser l'humanitaire en termes de projets, mais beaucoup plus dans une dynamique d'émancipation et d'autonomie. Son Fond Acumen a d'ailleurs pour mission d'investir dans des initiatives rentables à moyen terme, dans une perspective d'auto-suffisance et de développement durable, non dans le sens écologique du terme, mais économique: à long terme. on pourrait résumer sa pensée (mais pas son livre) par ce proverbe chinois qui dit: "Si un pauvre te demande à manger, apprends lui à pécher".

J'ai adoré son livre, sa façon de voir le monde, et ca m'a donné encore plus envie de m'impliquer. Mais comme elle est bien meilleure que moi pour raconter des histoires, je lui laisse la parole: elle était à la conférence TED en Février dernier. Cet extrait ou elle raconte l'histoire de Jane ressemble beaucoup à tous les autres témoignages de son livre. Si vous aimez cet extrait, vous aimerez son livre.