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jeudi 20 janvier 2011

La fin des 140 caractères de gloire?



Avez-vous comme moi observé un changement de tendance dans la longueur des contenus que nous consommons sur le web? Depuis quelques années, les contenus ont vécu une tendance à la baisse: les vidéos sont devenues plus courtes, les podcasts se sont uniformisés à 45 minutes max, les textes des billets se sont amenuisés quand ils n'ont pas carrément été remplacés par des tweets de 140 caractères maximum.



On a expliqué que Twitter avait diminué le temps passé à bloquer. On a dit que 140 caractères c'est suffisant. On a (dé)montré que le succès des Tumblr et des Posterous était le signe incontestable que l'internaute avait besoin de contenus plus courts.

Lorsque de grands blogueurs ont abandonné la blogosphère pour twitter ou la newsletter, on a encore crié à la mort du blogue, thème récurrent depuis des années dans la blogosphère.


On a tellement eu de blogueurs qui se sont spécialisés dans certains domaines, et tellement d'agrégateurs de blogs et de thématiques que nous en arrivons depuis quelques mois à privilégier ces fameux "Curators" de contenus (dont je parlais ici cette semaine), qui vont filtrer pour nous le meilleur du web.


Ceci dit, il me semble au contraire que tous les éléments sont aujourd'hui présents pour un retour aux contenus longs. Je regarde d'abord l'Ipad, qui est une formidable plateforme de consultation de contenus plus longs, écrits ou vidéos. Je lis des ebooks, loue des films, stocke des documents en pdf avec des applications comme goodreader. Et que dire du succés phénoménal d'Instapaper qui permet de conserver de longs contenus de pages web pour les lire plus tard, dans leur intégralité, même offline. Pour ceux qui comme moi lisent dans le métro, instatpaper est devenu aussi utile que Byline (qui me permet de lire mes fils RSS offline) Avez-vous entendu parler de readability? Une application qui permet de rendre le contenu d'une page web plus facile à lire en le débarrassant du superflu. Cette application a été intégrée à Safari. Pour moi c'est un signe des temps qui ne trompe pas: on veut pouvoir consommer des contenus longs, quitte à y passer plus de temps. D'ailleurs c'est ce qui me plait sur twitter: l'échange d'URL qui me renvoient vers plus de lecture encore.


Saviez-vous que ces contenus longs, les longread en anglais ont même leur compte twitter @longread et leur hashtag #longread trés populaire? ILs ont même créé un site que j'adore longread.com qui a cette particularité unique (à ma connaissance) de classer les articles interessants en fonction de leur durée. On sait que ca va prendre au moins 16 minutes à lire.


Même Quora, qui fait tant jaser les geeks, et qui me spamme plus souvent qu'autrement, a cet avantage sur twitter de pouvoir répondre sans limitation, et d'agglomérer les réponses à une question.


Je ne prédis pas le retour des blogues, pour moi, ils ont toujours été majeurs, même s'ils sont passés de mode car on cherche se positionner sur la dernière nouveauté dont tout le monde va parler demain. Mais mon point c'est que quelle que soit l'industrie dans laquelle vous évoluez, et ceci inclut la philanthropie, une portion de plus en plus grande des internautes va chercher à comprendre, va fouiller et donc demander du contenu long, des analyses poussées et approfondies de leur domaine de prédilection.



Tiens je vous cite le status d'aujourd'hui de @Loic Le meur: " Dear blog, I missed you. You're taking time to maintain but bring so much value in a social networkking world. You force me to think again"


Stop and think. Ce pourrait être le nouveau mantra du web. Ce sera du moins le mien...

lundi 17 janvier 2011

Curation Nation, vous allez en entendre parler



Que vous travailliez dans le domaine des médias traditionnels ou des médias sociaux, ou ce qui est plus rare, comme moi, dans les deux à la fois, vous êtes déjà exposé au phénomène des "curators".

Il reste encore à trouver un équivalent en francais au terme "Curator". Ce que je peux tout de suite vous dire c'est que ce terme va devenir de plus en plus fréquent dans vos lectures. L'un des responsables de l'explosion de cette tendance est Steven Rosembaum, et son livre à venir "Curation Nation"

Certains des penseurs les plus influents du web issus la Silicon valley ont déjà lu le livre, et en ont déjà fait l'apologie. Le site du livre Curation Nation (et oui, même les livres ont leur site web désormais), se fait même le messager de ces critiques unanimement positives et qui semblent annoncer un nouvelle tendance, ou du moins le prochain buzzword. Le phénomène n'est pas nouveau, ceux qui sont sur Tumblr par exemple sont des Curators depuis des années.


Le Curator, historiquement, était le conservateur du musée. C'était lui qui décidait d'acquérir telle ou telle oeuvre, de la montrer ou pas, de lui donner plus ou moins de place dans son musée. Transposée au monde du web, cette notion de Curator implique que l'agrégation de contenu de qualité devient aussi importante, si ce n'est plus importante, que la création de contenu en tant que tel. Les individus, comme les organisations, mettent de l'avant leur propre valeur en fonction de la qualité du contenu non pas qu'ils créent, mais qu'ils diffusent.

Dans une certains mesure, twitter fonctionne un peu sur ce principe. La plupart du monde diffuse du contenu, des références, des URL, qui proviennent d'autres sources. Twitter est devenu mon filtre social. En regardant la timeline, je sais que les liens proposés par certaines personnes seront toujours interessants. Ceux qui poussent du contenu systématiquement inintéressant ne font pas long feu dans ma timeline je dois dire... Tous ceux qui sont sur twitter sont donc mes filtres sociaux, mes curators d'information. L'intérêt c'est que je n'ai plus besoin de lire le journal pour être informé: l'information pertinente pour moi va me trouver elle même.

Il me semble que les grands médias de ce monde gagneraient en instaurant des applications pour personnaliser leur contenu, et se transformer en curators. L'avantage c'est qu'en proposant de tels outils, ils offriraient aux individus le loisir de devenir leurs propres rédacteurs en chef de leurs journaux sur le web. D'ailleurs s'ils ne le font pas eux-mêmes d'autres le feront à leur place pour créer des plateformes de curation. Saviez-vous par exemple qu'il est désormais impossible de faire une application iphone pour une radio? Si par contre vous proposez une application pour plusieurs radios, ou pour découper des contenus issus de plusieurs stations, là l'Apple App store vous est encore ouvert. Saviez-vous aussi que Wordpress a développé son plug-in de curation?

Je parierai assez cher que l'application de Murdoch pour le iPad, qui devait sortir cette semaine mais qui a été repoussé, sera une première étape dans les plateformes de Curation. Si j'étais un grand groupe de presse, je créerait une application permettant de m'abonner à certains articles de certains de mes magazines, à la carte. Et si tous les grands groupes s'accordaient pour que je passe par une seule application, je disposerai d'un magasine qui m'enverrait des articles de Geo, du National Geographic, du Huffington Post, de la Gazette, et du Times directement sur mon iPad. oui je sias je rève en couleur mais qui sait... Flipboard est un premier pas, sauf qu'il m'envoie tout le contenu de certains magasines seulement.

En attendant j'observe aussi que pour les simples internautes, ou pour certaines organisations, des outils de curation se développent et deviennent de plus en plus populaires.
Si vous êtes une ONG par exemple, vous pourriez utiliser l'un de ces nouveaux outils qui vous permettent de filtrer ce que vous lisez, de l'agglomérer et de le partager. En voici une liste non exhaustive... dont la longueur montre bien que la tendance est lourde.



mercredi 5 janvier 2011

Le pouvoir du viral pour aider un sans-abri

Il semble que cette vidéo soit le premier "viralo-buzz" de 2011. C'est une belle histoire à l'américaine. Un bon gars, animateur radio à Columbus, Ohio, qui est tombé dans la spirale infernale de la pauvreté: chomage, drogue, rue et misère quotidienne. Il fait la manche à un carrefour. Il tient un écriteau mentionnant sa voix incroyable, son don de dieu. Contre une pièce il fait son show. Il s'appelle Ted Williams. Aujourd'hui il est la nouvelle star de youtube, avec prés de 8 million de vues, et certains le comparent déjà à Susan Boyle, c'est tout dire.




Depuis que le vidéo est parti, Ted William est passé de nobody que les gens ignoraient sur le bord de la route, à phénomène des médias sociaux, au point que les offres de travail pleuvent tellement qu'il a l'embarras du choix. Parceque sa voix est effectivement incroyable. Une histoire vraiment américaine, avec une happy ending en prime.

Je me demande si ce qui m'interesse le plus dans cette histoire c'est le pouvoir des médias de soudainement parvenir à identifier une histoire qui va sensibiliser les foules, ou si c'est l'illustration pour le monde de la philanthropie qu'une belle histoire, bien racontée, trouvera toujours son auditoire. Je ne serai pas étonné que Ted Williams se fasse récupérer avant longtemps par un organisme aidant les sans-abris pour qu'il témoigne ne leur nom de son expérience et combien ces gens formidables l'ont aidé...

A moins que ce qui m'ait le plus plus plu, c'est cette définition que Ted Williams donne de la radio: "Theatre of mind". C'est tellement ca. ll se trouve que j'adore la radio, et que j'ai en plus la chance de travailler actuellement pour une radio publique (en fait LA radio publique du Canada), et cette définition est tellement bonne que je l'adopte instantanément.

MAJ: Il faut donner crédit au site Reddit pour avoir lancé cette nouvelle, et organisé sa "viralisation". Tout est parti de grace à Reddit. C'est Reddit aussi qui m'apprend que Ted Williams, en plus d'obtenir un emploi aux Cavaliers de Cleveland se voit offrir par l'équipe une maison gratuite.

MAJ 2: POur une happy ending à l'américaine, et voir le nouveau visage de Ted Williams, voir cette vidéo de MSNBC qui récapitule toute l'histoire.
Merci à Gen, JM et Josh pour les infos

mardi 2 novembre 2010

Foursquare enfin au service de la philanthropie


Foursquare, le fameux réseau de géolocalisation a beaucopup fait parler de lui en 2010, mais je cherchais désespérement une déclinaison au secteur non-profit.

Voici un panneau pour Earthjustice, une ONG de juristes au service de la défense de l'environnement, qui utilise habilement Foursquare.

Lors de mes conférences, on me demande souvent "Mais à quoi ca sert Foursquare?" Voilà donc une déclinaison de levée de fonds utile. Faites votre check-in sur la pub, et l'organisation versera 10$ à la protection de la nature.

Ce qui me gène un peu dans cette logique, c'est que l'argent ne vient pas des mobinautes. En fait, un donateur anonyme a contacté l'organisme pour proposer 50,000$.
4 panneaux dans les environs de San Francisco (ville reine de la communauté geek) ont permis à 57,000 personnes de se connecter, permettant ainsi à Earthjustice de remporter son pari et de verser les 50,000 dollars. (57,000 ca aurait été ieux mais bon...)

Ca me rappelle un peu ces initiatives sur Facebook où une marque offre de l'argent en fonction du nombre de like recus sur leur page.

Je fais le pari que les marques ne seront pas longues à adopter aussi la mode du check-in pour donner un certain montant d'argent à une cause qui leur tient à coeur (ou qui tient à coeur à ses clients). Encore un bel exemple de "slackvertising": je ne fais rien, je ne débourse pas un rond, mais j'ai quand meme l'impression d'avoir sauvé le monde. Merci les marques de me permettre de me sentir mieux à si peu de frais.

D'un coté il est difficile d'être contre le fait qu'une marque s'engage et donne réellement. Mais d'un autre coté, je me demande si une telle participation n'incite pas le commun des mortels à se désengager financièrement. J'appelle de mes voeux la marque qui saura se différencier dans cette logique de course à la bonne conscience en incitant le monde à donner aussi, que ce soit va facebook ou foursquare importe peu. Ce qui importe, c'est stratégie globale, pas l'outil.




jeudi 16 septembre 2010

Le "Did you know" des ONG

Tout afficionado du webmarketing connait la série de vidéo youtube Did you know qui donne régulièrement des chiffres sur l'état du monde.

Je viens de découvrir une sorte d'équivalent pour les ONG américaines. Les chiffres sont interessants et éloquents, même si la musique et l'animation ne sont pas top. Pour ceux qui se demandent encore si on peut parler d'industrie pour la philanthropie, la réponse est là...

Hey les amis des amis des agences de fundraising, vous nous montez un message qui pète sur notre industrie?


vendredi 8 janvier 2010

Aidvertising - shockvertising et santé



Contrairement à ce que certains pensent, l'industrie pharmaceutique n'a pas vocation à sauver le monde, mais à faire de l'argent... si possible en soignant les gens certes.


Cependant, cette même industrie a tendance à utiliser les mêmes cordes sensibles que la philanthropie dans ses communications, et c'est surtout ca qui m'interesse. L'industrie d la philanthropie et celle du pharmaceutique doivent toutes les deux créer des changements comportementaux, et c'est en celà qu'elles se rejoignent. La philanthropie a souvent utilisé la facilité du shockvertising pour justifier ses campagnes, et aujourd'hui le pharmaceutique se mets de la partie.

Pas de gros branding sale

Ce qui me plait dans cette annonce virale (150 000 visionnements), c'est que la cause est mise en avant bien plus que la marque. Certes le spot est financé par Pfizer, et oui son nom apparait bien à la fin du spot, mais ce qui apparait surtout est l'adresse d'un site dédié: realdanger.co.uk
Et sur ce site, la même logique prévaut: certes le logo de Pfizer apparait, mais relativement discrètement. La place est laissée à la cause, ou du moins au problème de société dont il est question... un problème dont Pfizer est bien évidemment l'un des premiers à souffrir en tant que représentant de l'industrie pharmaceutique.

N'achetez pas de médicaments sans ordonnance

Quelques chiffres édifiants: en Angleterre, plus de 15% de la population s'est déjà procuré des médicaments à prescription sur le marché noir. Ca fait quand même 7 millions de personnes... Or selon 78% des médecins interrogés, cette pratique est dangereuse pour la santé de ceux qui la pratiquent. Parfois plus dangereuse même que le symptôme qu'ils essaient de combattre car ces médicaments obtenus sans ordonnance sont souvent des contrefaçons. Selon les études citées par le site, entre 50 et 90% de ces médicaments seraient des faux. On a tous recus des spams contre la dysfonction érectile, et on se doute bien que la plupart de ces pilules magiques sont des attrape-nigauds vendues par les charlatans numériques des temps modernes, mais des médicaments plus sérieux sont aussi en vente sur quantités de sites internet et souvent ceux qui les achètent pensent faire une affaire en évitant les méandres du système médical. En Angleterre, il s'agit surtout des soins contre la chute de cheveux qui sont en cause et dont les produits miracles sont vedus sur le web en quantité industrielle. C'est pour éviter les risques auxquels s'exposent la population (et aussi pour lutter contre le marché noir, personne n'est dupe!) que Pfizer a lancé cette opération, en collaboration avec l'agence du médicament britannique, Heart UK, la Royal Pharmaceutical Society of Great Britain (RPS), et à l'association des Patients.

De la mort aux rats dans les pilules

La logique du spot repose sur le fait que dans certains de ces médicaments vendus sur le marché noir, on a trouvé des produits toxiques, allant jusqu'à la mort aux rats. Partant de là, et du succés de la campagne vidéo (diffusée seulement aprés 23h00 sur les chaines de TV), une campagne imprimée a suivi, et sur le site on trouve même un petit jeu tout simple où il faut chasser les rats de l'écran...
Et vous, que pensez-vous de cette initiative? Shockvertising ou effort sincère de santé publique?

jeudi 10 décembre 2009

Conférence France Générosité - bilan

Long silence sur la Fontaine de Pierres pour cause de déplacement peu reposant à Paris. Je ne me plains pas, loin de là, mais la semaine du retour, il faut aussi payer son absence en mettant les bouchées doubles. Et ensuite préparer plusieurs projets emballants qui annoncent le prochain séjour...

J'ai adoré la conférence. Beaucoup de monde, beaucoup de rencontres, beaucoup de choses intéressantes se sont dites et le spectre des thèmes abordés allait du non-donateur au philanthro-capitalisme en passant par Twitter et en faisant même un crochet par le Mont Ventoux.

Une grande surprise quand même: alors que je viens faire une présentation sur les innovations technologiques en levée de fonds, dans la salle personne n'a d'ordinateur sur les genoux, (de toutes facons, il n'y aurait pas eu de prise éléctrique pour tout le monde), pas d'écran avec le fil des tweets, (de toutes facons personne ne twitte, et il n'y a pas de hashtag dédié). Pas de wifi non plus c'est dire. Beaucoup de Blackberry certes, mais j'étais loin des conférences de geeks auxquelles je suis habitué... Quand je vois le flot d'info qui déferle avec #leweb09 cette semaine, j'en conclu que la situation est (heureusement?) propre au secteur non-profit.

La preuve qu'il y a encore un gros travail d'éducation sur le secteur.



La plupart des conférences sont disponibles ici sur le site de France Générosité.

Ci-dessous, les slides du panel sur lequel j'ai participé, avec:
- L'intro de Claude Pouvreau, d'Optimus, sur les nouveaux donateurs
- La section de Frank Deleau vantant les mérites d'émolife en street marketing, même si c'était pas vraiment nouveau
- Un topo sur la prochaine opé du WWF au Mont Ventoux, qui ne parlait ni de nouveau donateur ni de nouvelles technologies. C'était trés intéressant au demeurant que je n'ai toujours pas compris la pertinence sur un tel panel
- Un topo assez technique (et intense) sur l'emailing en fundraising de la part d'Epsilon, j'en ai vu plusieurs s'endormir
- Et enfin ma propre partie sur les nouveaux donateurs ou je me suis efforcé (de réveiller ceux qui s'étaient assoupis et) de donner autant que possible des exemples nord-américains afin d'être sur d'amener du nouveau , vu que je ne savais pas de quoi les autres allaient parler.






Moralité?
J'ai adoré la journée, les rencontres et les conférences données, je reviendrai bientôt sur ma préférée dans un autre billet: celle sur les non-donateurs donnée par Frank Hourdeau, DGA de Mediaprism groupe. On se penche souvent sur les raisons de donner, mais les raisons de ne pas donner sont généralement laissées dans l'ombre, alors que 30% des francais déclarent ne jamais donner...
Merci à Claude pour son invitation et à France Générosité pour l'organisation. Mais l'an prochain, mettez du wifi quand même ;-)

J'ai regretté de ne passer qu'en dernier sur le panel qui n'en n'était pas un puisque chacun faisait sa prez. J'ai regretté aussi que le public n'ait pas eu plus de temps pour interagir car la période des questions s'annoncait passionnante. On sentait le bouillonnement, l'interêt sur la question, et la volonté d'en savoir plus des 230 personnes présentes... J'ai passé au moins autant de temps à répondre aux questions à la sortie que pendant le panel.

Une trés bonne expérience donc, et qui me fait conclure que le non-profit francais est certes en retard en nouvelles technologies mais a la nette volonté d'aller d el'avant et de combler ce retard. Affaire à suivre donc.

mercredi 18 novembre 2009

Rapport sur l'état de la philanthropie d'entreprise en 2008

Le nouveau rapport 2009 "Giving in numbers" vient de sortir.
Il fait état du don par des entreprises privées en se basant sur l'analyse des donations de 137 compagnies dont 55 parmi le Fortune 100 réalisées en 2008.

Le rapport signale que
  • 53% des 102 plus grandes compagnies sondées ont déclaré une hausse de leur don malgré une économie en récession, les autres ont moins donné.
  • 27% ont même augmenté leur don de plus de 10%
  • Les augmentations de dons ont surtout été faites en biens et services plus qu'en espèce sonnante et trébuchante
  • Les entreprises du Fortune 100 donnent en moyenne 18% de leur don à des organismes internationaux, contre 11% pour les non F-100
  • 86% des compagnies sondées ont leur propre fondation
  • L'étude constate que le don s'érode continuellement depuis plusieurs années, passant de 10,7 milliards de dollars en 2006 à $10,3 milliards en 2008.


  • Bien que les chiffres de 2009 ne fassent pas partie de l'étude, 56% des CEO interrogés ont déclarés vouloir concentrer leur don sur une cause reliée à leur stratégie d'affaires pour les années à venir.
L'étude complète est téléchargeable ici, gratuitement (mais il faut s'enregistrer).

La tendance semble d'ores et déjà se maintenir pour 2009. En effet selon une étude de LGB research, citée par USA Today et basée sur un sondage parmi 76 entreprises, la philanthropie d'entreprise devrait diminuer d'encore 2% à 5% par rapport à 2008.

Malheureusement, c'est quand les besoins sont les plus criants que les dons diminuent...

mercredi 4 novembre 2009

Donner aux anes ou aux femmes ?


Je suis récemment tombé sur une statistique étonnante qui m'a fait me poser des questions.
Savez vous que l'organisme britannique Donkey sanctuary récolte plus en levée de fonds que les 3 principaux organismes luttant contre la violence conjugale réunis? Le sanctuaire des anes récolte 20 millions de livres et les organismes contre la violence 17 selon des chiffres de 2006 cités dans cet article du Guardian en Avril 2008.

Les chiffres datent un peu, mais peu importe, le propos est de constater, et de s'interroger, sur de tels écarts. Est-il légitime de donner autant d'argent pour des animaux quand il y a tant d'êtres humains en souffrance? En tant que société, plaçons-nous nos efforts à la bonne place? Devrait-il exister des systèmes pour privilégier tel type de don?

La question n'est jamais posée car la vraie question n'est pas tant de savoir s'il vaut mieux donner aux animaux qu'aux hommes, mais de savoir comment hierarchiser les causes humanitaires et philanthropiques, ce qui est inacceptable.

Poser la question de la hierarchisation des causes est tout simplement impossible en plus d'être déplacé. En effet qui dit hiérarchiser dit aussi jugement de valeur. Devrions-nous calculer le nombre de mort d'une cause avant de nous décider à donner? Non bien sur. Si la souffrance est prise en compte dans le geste du don, les principes le sont tout autant. Même s'il meurt moins de femmes de violence conjugale en Angleterre que de famine en Afrique, la première cause mérite tout autant notre attention et notre soutien que la seconde. Il ne suffit pas d'être deux OSBL pour être comparable.

Par ailleurs ceux qui essaient de hiérarchiser les causes ignorent un principe fondamental de l'économie caritative, c'est la non-transférabilité du don. On ne peut pas demander d'arrêter de donner aux animaux pour donner aux humains, celà ne fonctionne tout simplement pas comme ca. Il n'existe pas de vases communicants entre les causes.

Sans compter que le don aux animaux rejaillit aussi indirectement en bénéfices difficilement calculables sur l'humain. Pour reprendre l'exemple de donkey sanctuary par exemple, ils consacrent une partie de leurs activités aux enfants handicapés, qui créent une relation affective avec les animaux, en vue d'améliorer leur estime de soi et leur développement. L'organisme finance aussi des cliniques vétérinaires pour aider les ânes dans les pays pauvres, ce qui aide autant leurs propriétaires que les bêtes elles-mêmes... Les frontières sont donc très minces entre les causes et leurs bénéfices.

C'est pourquoi on assiste aujourd'hui tout de même à une certaine selection des organismes caritatifs, en concurrence pour leurs opérations de levées de fonds, mais qui se font plus au niveau de leur efficacité. On parle aussi de plus en plus de capitalisme philanthropique, où des financements conséquents sont accordés en fonction du retour sur investissement, des résultats attendus et sur des données telles que le pourcentage affecté à l'administration du don versus celui affecté aux actions de terrain. Nous assistons aussi de plus en plus, du moins de ce coté de l'atlantique, à un mouvement de regroupement (parlerons-nous de fusion?) des organismes caritatifs luttant pour les mêmes causes. Arrêter de travailler en silo est un bon début pour maximiser l'impact du don...

C'est une tendance humaine naturelle que de vouloir hiérarchiser, cataloguer, ou trier, mais dans le domaine du marketing de la cause, c'est tout simplement impossible. Personne n'a le monopole du cœur comme disait quelqu'un... et en l'occurrence personne ne doit l'avoir.

vendredi 23 octobre 2009

Aidvertising - un spoof pour le don du sang



Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, je craque pour Sleevie, un spoof d'un niveau de kitch rarement atteint. J'ai déjà parlé ici de l'humour au service des causes sociétales, dont le message est souvent plus porteur que les campagnes utilisant le shockvertising.

Ce spoof au service du don du sang est une initiative de l'organisme de collecte "in your hands."

Pour ceux qui n'auraient pas vu l'original, le voici:




Difficile de faire plus kitsch n'est-ce pas? C'est peut-être (?) un peu trop mais j'aime quand même bien l'idée d'explorer cette direction. Ca a le mérite de se faire remarquer dans le monde trop souvent sirupeux, voire moraliste (une pierre dans ton jardin Chris) des campagnes sociétales...

vous aimez?

mercredi 14 octobre 2009

Des scupltures pour ne pas rester de glace





En Allemagne, le WWF a récemment créé une opération visant à sensibiliser les esprits aux changements climatiques, et particulièrement à la fonte de l'arctique. Plus de 1000 sculptures d'humains, réalisées par l'artiste brésilien Nele Azevedo ont été déposées au pied du mur de Berlin, sur les marches de la place Gendarmenmakt, afin de montrer l'effet dect des changement climatiques sur la population.

Les scupltures se sont mises à fondre en 30 minutes.

L'opération coïncidait avec la sortie d'un rapport sur le réchauffement de l'arctique commandé par le WWF et intitulé:
Artic Feedbacks: The Impact on Global Climate Change. Le rapport souligne que la fonte des glaces n'aura pas seulement les effets sur la région arctique mais que la planète enti;ere en subira les conséquences.

Bien évidemment, le fait de coïncider aussi avec la prochaine rencontre des Nations Unies à Copenhague en décembre prochain a encore renforcé la visibilité de cet évènement haut en couleur, aux images et à la symbolique marquantes.

Selon Martin Hiller, chef de la campagne changements climatiques du WWF monde, "Ce qu'il se passe dans l'arctique aura des répercussions directes sur le climat dans plusieurs parties du monde. Ce n'est plus un probème local".

" Le niveau des mers pourrait augmenter d'un mètre au cours du présent siècle, menaçant ainsi le quart de l'humanité résidant sur les régions cotières."

Plus d'images ici
Photoblog de Nele Azevedo ici
Source: WWF

mercredi 7 octobre 2009

Concours philanthropique de l'ado le plus généreux

Il fallait un être un gestionnaire de fonds de placements de l'acabit de McKenzie pour lancer une telle initiative qui est détaillée comme suit sur le site de McKenzie:

Fais-tu don de ton temps, de ton argent, ou des deux, à une cause caritative? As-tu renoncé au sommeil, à ton argent de poche et à tes loisirs pour venir en aide à des gens qui sont dans le besoin? Si c’est le cas, nous avons besoin de toi! La Corporation Financière Mackenzie est à la recherche de l’adolescent le plus philanthrope du Canada.
  • Le gagnant recevra un prix de 5 000 $ qui ira à un organisme de bienfaisance de son choix.
  • Il recevra EN PLUS 1 000 $ comptant qu’il pourra garder, idéalement pour cotiser à un REEE et aider à payer ses études futures.
  • Cinq autres finalistes recevront chacun 500 $ qu’ils remettront à un organisme de bienfaisance de leur choix.
  • Les bulletins de participation doivent être reçus au plus tard le 2 novembre 2009, date de clôture du concours, à 23 h 59.
Plus que tout autre groupe d'âge, les jeunes font preuve d'un grand désir d'aider les moins fortunés, selon un nouveau sondage appuyant le concours "L'ado le plus philanthrope du Canada" et dont les résultats se trouvent ici.

Les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour changer le monde
Selon ce sondage, 81 pour cent des personnes âgées de 19 ans utilisent Facebook et 30 pour cent utilisent Twitter pour promouvoir leurs activités caritatives.

Contrairement aux résultats d'un sondage semblable, mené l'année dernière, qui présentait la santé comme étant la cause la plus importante pour les adolescents, c'est cette année la pauvreté qui les concerne le plus. En fait, l'intérêt envers les œuvres caritatives luttant contre la pauvreté a grimpé de 16 pour cent depuis 2008, atteignant aujourd'hui 38 pour cent. La deuxième cause en importance pour les adolescents est la santé (36 pour cent, comparativement à 30 pour cent en 2008) suivie par l'environnement (30 pour cent, comparativement à 20 pour cent en 2008).

Les résultats du sondage révèlent que les adolescents utilisent Internet pour passer le mot à propos des œuvres caritatives qu'ils appuient: Plus de la moitié (54 pour cent) ont déclaré utiliser Facebook pour communiquer au sujet d'activités caritatives; 50 pour cent déclarent le faire par courriel et 10 pour cent utilisent Twitter. Ces chiffres augmentent nettement en fonction de l'âge, les jeunes filles âgées entre 16 et 19 ans déclarent qu'elles ont recours à Facebook et 63 pour cent des jeunes hommes du même âge utilisent ce réseau social en ligne pour communiquer au sujet d'activités caritatives.

L'année dernière, 58 pour cent des adolescents ont déclaré faire don de leur temps ou de leur argent pour effectuer des travaux caritatifs. Parmi les jeunes qui faisaient don de leur argent, 45 pour cent déclaraient avoir donné entre 5 et 10 dollars l'année passée, 5 pour cent seulement déclarant avoir donné entre 100 et 300 dollars, reflet probable de la période que nous traversons.

Le souhait de contribuer à leur communauté est comme par le passé le facteur qui motive le plus les adolescents à appuyer un organisme caritatif (37 pour cent), suivi de près par le désir d'améliorer le monde (36 pour cent). Répondre aux exigences scolaires constituait le troisième facteur en importance.

Au delà du simple concours, c'est surtout pour nous offrir ce portrait du don chez les jeunes canadiens que cette initiative est intéressante. C'est aussi un moyen de soutenir la cause de la philanthropie elle-même auprés des plus jeunes.

mardi 6 octobre 2009

Philanthropie québécoise en état de crise

Je viens de tomber sur cet article de Pierre Asselin dans le Soleil de Québec, qui fait un excellent topo sur l'état du don au Québec en 2009, depuis l'effet crise de 2009, chiffres à l'appui.
Je le reproduit intégralement ci-dessous.

La crise rends moins généreux

(Québec) La générosité des individus et des entreprises a souffert du ralentissement économique, indique un sondage Léger Marketing. On estime que les dons ont diminué de 10 à 20 % en 2009, soit un manque de quelque 300 millions $ que doivent essuyer les organismes du domaine de la santé, de l'entraide, de la religion, de la culture et des sports.

L'étude a été réalisée pour le compte d'Épisode, une firme-conseil en collecte de fonds. Selon Daniel Asselin, président d'Épisode, les dons individuels, qui représentent plus de 1 milliard $ par an, ont baissé de 5 à 10 % alors que les dons corporatifs et les événements auxquels souscrivent les entreprises, qui approchent eux aussi le milliard de dollars, ont baissé de plus de 25 %.

Ce recul ne doit cependant pas amener les organismes à se faire oublier pendant quelque temps, dit-il. «Il ne faut surtout pas se retirer. Il faut continuer tout en acceptant qu'il y ait des changements pendant une certaine période. D'ici deux ou trois ans on devrait retrouver les standards qu'on avait connus ces dernières années.»

Le sondage révèle que 68 % des Québécois ont effectué un don en 2009, dont un tiers affirme avoir donné moins que l'annnée précédente.

Par ailleurs, les chiffres de Statistiques Canada semblent indiquer que les Québécois sont moins généreux que les autres Canadiens. Le don annuel moyen au Québec serait de 210 $ contre 400 $ pour l'ensemble du pays.

«C'est un portrait trompeur, estime Daniel Asselin. Statistiques Canada se base sur les déclarations d'impôt et notre étude montre que les Québécois font plusieurs dons pour lesquels ils ne réclament pas les crédits d'impôt auxquels ils auraient droit.»

***

Par ailleurs, il semble que la philanthropie et la générosité soient à la mode dans la presse québécoise en ce moment, puisque que nous avons aussi tout un dossier sur le sujet réalisé par Isabelle Grégoire dans le magasine l'Actualité, avec notamment un article de fonds sur les nouveaux philanthropes, ces fameux philanthrocapitalistes, mais aussi un topo sur les extraordinaries, dont je parlais ici il y a quelques mois, et bien d'autres encore.

Je trouve trés encourageant pour l'avenir de la philanthropie le fait qu'elle prenne une place de plus en plus conséquente dans les médias dits traditionnels et non spécialisés. Alors même si le québécois donne moins que l'an dernier à cause de la crise économique, il me semble que c'est plus le don individuel qui est en crise que la philanthropie. Celle-ci me semble plutôt en pleine forme et amenée à progresser encore plus. Si j'en juge par le poids croissant de l'économie sociale, je suis même assez optimiste... Affaire à suivre.

vendredi 2 octobre 2009

Conférence sur la philanthropie d'entreprise

Cette semaine j'ai eu la chance d'être invité au 10ème anniversaire de BNP stratégies - Gestion philanthropique, des champions canadiens de la collecte de fonds pour organismes philanthropiques.


A cette occasion, une conférence sur "la philanthropie à travers la volatilité des marchés financiers" fut donnée par le financier de renom Denis Durand, Associé principal chez Jarislowski Fraser et trés actif sur la scène caritative canadienne. Il est notamment VP du conseil et président du comité de vérification de Care Canada.

J'étais très heureux d'entendre son analyse des problématiques du monde de la philanthropie moderne. Je partage ses commentaires, et certains exemples qu'il relatait étaient du vécu pour moi dans mes expériences de philanthropie d'entreprise.

Voici quelques phrases tirées de sa conférence dont j'ai pris quelques notes:
  • Si les analystes économiques soulignent bruyamment la fin de la récession, aucun ne s'avance à parler de reprise économique non plus.
  • Dans un contexte ou les entreprises limitent les augmentations de salaires au minimum, il est difficile pour elles d'annoncer des dons philanthropiques. Les professionnels de la levée de fonds doivent en tenir compte.
  • La tendance est aux dons de plus petite taille, pour essayer de contenter le plus de monde possible.
  • La récession a enseigné aux fondations d'éviter d'engager de trop larges parts de leurs subventions sur des plans quinquenaux, les privant ainsi de toute marge de manœuvre.
  • En termes de dons, la rationalisation prévaut aussi; on va chercher à optimiser le pourcentage du don effectivement consacré à la cause. Si au moins 50% ne va pas à la cause, vous n'êtes pas crédibles. L'efficacité des sommes investies sera aussi analysée avec un oeil plus critique
  • La visibilité du donateur est importante
  • Les tournois de golf pour lever des fonds, mettons que ca commence à manquer sérieusement d'originalité...
  • Ne pas solliciter tout le temps les mêmes grands donateurs qui vont se fatiguer et s'épuiser. Ne pas oublier non plus que ces donateurs font partie d'un cercle d'influence. Perdre la personnalité c'est aussi perdre son cercle d'influence.
  • La professionnalisation de la philanthropie a du bon, elle permet notamment d'éviter ces écueils.
  • Les dossiers de financements doivent être montés en gardant en mémoire que le directeur de campagne est une personne occupée, ne pas la surcharger: son implication n'est pas un emploi à temps plein.
  • Cesser de faire jouer la corde sensible, mais démontrer la nécessité de la cause et de l'efficacité de l'organisme pour la mener à bien. Le grand donateur est tellement sollicité que la corde émotionelle ne fonctionne plus à la longue (tiens ca me rappelle mon discours sur le shockvertising...)
  • Si vous avez l'idée (tellement originale) de faire un bal caritatif, assurez-vous de sa rentabilité par personne. L'annonce de dons majeurs à cette occasion ne doit pas faire partie du calcul du ROI du bal...
  • Enfin ne pas proposer des opérations trop risquées ou impliquant une logistique trop lourde à gérer. Il évoque à ce sujet un drame personnel qu'il a vécu lors d'une ascension du Kilimandjaro pour Care Canada

En bref, il y a dans ce contenu de nombreuses évidences pour les professionnels de la philanthropie, mais ce discours méritait d'être répété, car il n'est pas encore intégré partout, et trop d'OSBL l'ignorent encore.
Ca fait du bien de constater que certains éléments que l'on répète à ses clients continuellement sont endossés, partagés, et diffusés par les membres les plus respectables et les plus influents de la profession. Ca n'est pas nouveau: il faut des prophètes pour évangéliser au marketing de la cause, et je suis heureux d'en avoir écouter un hier.

vendredi 25 septembre 2009

Aidvertising - Air France se lance dans le don-avec-achat


Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, une fois n'est pas coutume, une promotion, avec une opération d'email marketing.

Air France inaugure son A380, et à cette occasion propose une vente aux enchère des 380 premiers billets des deux premiers vols: Paris-New-York le 20 novembre prochain et New York Paris le 21 Novembre.

Jusque là rien de trés philanthropique, mais la notion de don-avec-achat apparait dans ce qu'Air France appelle sa promesse caritative, et qui permettra de reverser les bénéfices de l,organisation à des organismes caritatifs. Les 3 partenaires retenus sont Association Plan, l'association Francois Xavier Bagnoud (FXD) et l'association Art et développement.

Pour les interessés, les enchères seront ouvertes à partir du 1er octobre ici.

Quant à moi je salue Air France de se lancer dans le don avec achat.
Aprés la taxe Chirac, qui va à UNITAID, et qui fut imposée par le gouvernement, cette opération est une initiative propre, et consentie librement. Quand on est un aussi gros joueur qu'Air France, je ne doute pas de l'effet boule de neige à venir.

Ci-dessous l'email recu. Merci Francois de me l'avoir transmis.


Voyage d'exception avec l'A380 d'Air France
Soyez les premiers à traverser l'Atlantique sur l'A380 d'Air France :
A compter du 1er octobre, Air France organise des enchères pour les deux premiers vols inauguraux Paris-New York et New York-Paris pour vivre une expérience unique.
Participez à des actions humanitaires au bénéfice des enfants défavorisés :
Les bénéfices de cette opération seront reversés à des associations humanitaires séléctionnées par la Fondation Air France pour financer des actions dans plusieurs pays du monde.
À Paris ou à New York, un programme exclusif :
Les gagnants des enchères pourront bénéficier de parcours culturels et shopping pour découvrir ou re-découvrir Paris ou New York avec des expériences inédites et des avantages exclusifs.
Les dates :
  • Rendez-vous le 1er octobre pour le lancement des enchères !

Vous recevrez une communication pour vous informer du début des enchères.

Pour en savoir plus : cliquez ici

mardi 22 septembre 2009

Clinton Global Initiative (CGI): semaine de la philanthropie à New York





Cette année encore, se tient durant toute la semaine la Clinton Global initiative qui en est à sa cinquième initiative, et qui est à la philanthropie ce que le festival de Cannes est au cinéma.

Comme son nom l'indique, cette conférence réunissant des leaders de plusieurs pays, des prix Nobel, d'anciens chefs d'états et des dirigeants d'ONG est parrainée par La Fondation Bill Clinton.

Si comme moi vous n'avez pas été cordialement invité à faire partie de ce club trés select d'éminences grises (et à payer une adhésion de 20,000$), vous pouvez tout de même suivre les sessions en livestreaming ici. Ceux qui veulent poser des questions peuvent même le faire via leur compte twitter.

Un peu plus tard les contenus vidéos seront probablement mis sur le site pour consultation ultérieure comme c'est actuellement le cas avec l'édition 2008, disponible ici.

Au titre des réalisations passées, telles que mentionnées sur le site de la CGI, citons:
  • réduction de 60 millions de tonnes d'émissions de CO2
  • réduction de la malnutrition de 42 millions d'enfants
  • accéssion à des énergies propres pour 4 millions de personnes dans des pays émergents
  • 10 millions d'enfants ayant recu une meilleure éducation
  • 3 millions de personnes ont eu accés à d el'eau potable en Asie
  • financement de 270 organismes de micr0-financement, permettant à 3 millions de microentrepreneurs de se lancer en affaire
Bref, la philanthropie facon Clinton semble bien se porter, en se donnant clairement des objectifs quantifiables et des résultats mesurables. Prés de 46 milliards de dollars engagés auraient déjà fait une différence dans la vie de 200 millions de personnes dans 150 pays...

La philanthropie francophone est encore loin d'avoir une telle initiative, et c'est dommage... ce pourrait être un grand projet mobilisateur... Quel leader charismatique s'y attaquera-t-il?

vendredi 21 août 2009

L'intelligence émotionelle au service de la philanthropie


Aidvertising, c'est ma section du vendredi où je souligne une campagne sociétale, ou une action de philanthropie 2.0 dont la cause ou la réalisation m'ont paru digne de mention.

Cette semaine, ce n'est pas vraiment une campagne, ni du sociétal, et encore moins du 2.0, mais je prétends que la méthode de pensée et de réflexion qui sous-tend le panneau ci-dessus constitue une vague de fonds que les publicitaires et autres planificateurs stratégiques de mon acabit vont bientôt comprendre et intégrer fréquemment aux communications sociétales. Attendez-vous à voir de plus en plus de campagnes reposant sur l'intelligence émotionnelle.


L'intelligence émotionnelle pourrait se définir par "L’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres." Le concept provient surtout de la psychologie sociale, mais la pub, le marketing et les communications s'en empareront, ce qui me semble aller dans un sens du progrés.


Ci-dessous un autre exemple percutant d'intelligence émotionelle appliquée au controle de la vitesse sur les route: plutôt que de mettre des plots, ou ces annonces tellement vues qu'on ne les apercoit même plus "Attention, sortie d'école" ou encore un couteux gendarme, ou un contraignant dos d'ane, à Leicester en angleterre on a maquillé le mobilier urbain pour faire penser aux écoliers .


http://www.howwedrive.com/wp-content/uploads/2009/08/childbollards.jpg

Pour en savoir plus sur l'intelligence émotionelle, lire le blogue de Daniel Pink où j'ai trouvé la plupart des images de ce billet. Mieux encore, on peut lire son livre comme me l'a conseillé mon ami JM qui m'a mis sur la piste de ce billet.

mardi 18 août 2009

La philanthropie fait son show


Ca m'arrive rarement, mais cette semaine je me suis retrouvé un soir en pleine séance de zapping. Aprés 30 minutes de désert culturel, je suis tombé sur la série américaine The Philanthropist de NBC. J'en avais déjà entendu parler car elle fait l'obejet depuisquelques semaines d'un houleux débat aux US, et je voulais me faire mon opinion

The philanthropist est une série en 8 épisodes qui met en scène un play boy milliardaire qui a créé sa fondation et parcours la planète de mission en mission. Un peu caricatural? Oui certes. Ca ne se passe pas comme ca dans la vraie vie? Assurément. Le héros en profite pour chasser ses démons intérieurs depuis qu'il a perdu un fils en bas age? possible, ca crédibilise le personnage...

Mais le débat qui fait rage aux Etats Unis place d'un coté Steve Ginderson, président du Conseil des Fondations, (une pointure dans le domaine) qui a publié un communiqué critiquant le show. Il y accuse en substance le show d'être trop éloigné de la réalité et d'être à la philanthropie ce que les films de la panthère rose sont aux enquêtes policières. Jeff Trexler, dans son blogue critique aussi The philanthropist pour son aspect néocolonialiste.

L'Hudson Institute a donc réuni les partisans et producteurs du show pour en débattre avec ses contradicteurs.


D'un autre coté, les partisans du show, dont l'ambassadeur est le blogueur émérite Sean Stannard Stockton, pensent que le non réalisme ne nuit pas à la philanthropie, au contraire. sa théorie, et je la partage, c'est que le show est attirant, il donne une image plus que positive (bien que fausse) de la philanthropie. Mais peu importe le réalisme, ce qui compte, c'est que de plus en plus de monde, et surtout des jeunes soient tentés de choisir la philanthropie dans leur orientation de carrière. Si la philanthropie devient mainstream grace à une télésérie, peu importe que l'image soit trop hollywoodienne, si elle créé des vocations.

Il n'y a jamais eu autant de candidats aux études médico-légales que depuis que la série CSI - les Experts fait un tabac sur les ondes. On constate la même influence avec "So you think you can danse" et l'engouement pour les cours de danse...

Alors si The Philanthropist peut amener plus de monde à s'orienter vers la philanthropie, moi je dis vive la série! La philanthropie se professionalise et c'est tant mieux, qu'un show en soit un ambassadeur, même un peu mensonger, c'est un bon point... ceux qui voudront vraiment se lancer et en faire carrière ne s'arréteront pas à ces images superficielles. je vois plus la série comme un élément déclencheur que comme un réél ambassaeur ceci dit.

Pour ceux qui voudraient se faire une opinion, voici la bande annonce de la série, qui donne un trés bon apercu du contenu et du ton... alors, vous êtes pour ou contre?


jeudi 16 juillet 2009

La crise? pas pour la philanthropie anglo-saxonne



La crise ne frappe pas partout. C'est la conclusion qui s'impose suite au rapport "Tomorrow's philanthropy" de la Barclay Wealth.

Selon cette étude qui vient tout juste de sortir, la crise ne frappe pas les grands donateurs anglais et américains, bien au contraire. Le rapport révèle que malgré la récession, 75% d'entre eux n'ont pas diminué leur contribution, et que 26% l'ont même augmenté au cours des 18 derniers mois.

Le rapport mets également à jour une (relativement) nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de jeunes entrepreneurs fortunés accordent une importance cruciale à leur engagement philanthropique. Il s'agit de cette génération (qui a souvent fait fortune dans les hautes technologies) et qui sont parfaitement conscientes que le poids de la dette sur les gouvernements les incitent à resserrer les finances publiques. Les fondations et autres organismes caritatifs prennent le relai, et reposent sur le don.

On ne sera pas étonné non plus d'apprendre que la prochaine génération de philanthropes a aussi tendance à soutenir des causes globales: 59% des 18-34 ans sondés déclarent accorder une grande importance à ces causes globales (contre seulement 24% des 35-44 ans).

L'efficacité du don est aussi un élément que cette nouvelle génération de donateurs met au coeur de ses priorités, souhaitant voir les résultats de leur argent de leur vivant plutôt que d'attendre aprés leur mort que leur leg travaille pour le bien commun et leur postérité. Dans ce sens le don va ressembler à de l'investissement social...

Un autre fait notable de l'étude "Tomorrow's philanthropy" de la Barclay, c'est le don féminin. Les femmes donneraient presque le double des hommes (2,3% de leurs montants à investir contre 1,3 pour les hommes).

Le role des femmes dans le futur de la philanthropie serait d'autant plus important que non seulement elles y consacrent une plus grande part d'argent, mais en plus il semble que leur impact sur les générations futures et leur éducation serait renforcé par le fait qu'elles soient beaucoup plus enclines à aborder la question philanthropique avec leurs enfants que les hommes.

Pour downloader l'étude "Tomorrow's philanthropist" dans son intégralité en pdf, cliquer ici.

dimanche 7 juin 2009

Le prix de la philanthropie


Cette semaine deux évènements parallèles ont fait l'actualité: Guy Laliberté dans l'espace et HOME le film de Yann Arthus Bertrand. Les deux évènements font l'unanimité, mais moi je m'interroge: jusqu'où peut-on aller dans la dépense pour défendre des causes louables? A partir de quand le prix de la philanthropie est-il trop élevé?

Ces deux hommes lancent des projets de grande ampleur ayant un thème en commun: la préservation de la nature. Guy Laliberté part en orbite autour de la planète bleue d'où il écrira un poème dans le cadre de sa Fondation One Drop pour sensibiliser au problème de l'eau, et Yann Arthus Bertrand lance HOME diffusé dans plus de 100 pays gratuitement pour montrer l'urgence de cesser de détruire notre planète.

Les deux initiatives sont louables. Les deux hommes sont des personnalités qui poussent au respect et à l'admiration tellement leurs réalisations respectives sont impressionnantes. Je ne rate pas un spectacle du Cirque du Soleil, et j'adore les œuvres de yann Arthus Bertrand, déjà mentionnées dans ce blogue l'an dernier ici.

Mais quand je réalise que le voyage dans l'espace est au cout de 35 millions de dollars, je n'ose pas imaginer combien d'individus pourraient avoir instantanément accés à l'eau potable avec cet argent. Guy, si tu veux aller dans l'espace, je te comprends, c'est un sacré trip, fais-le puisque tu as la chance de pouvoir te le permettre, mais ne nous fait pas croire que c'est une "mission sociale" pour aider la planète... Donne la moitié de cette somme à Playpumps dont je parlais ici par exemple et 10 millions d'enfants auront de l'eau au village. Ca c'est efficace!

Quant à Yann Arthus Bertrand, Bravo, je viens de regarder son film HOME. Il devrait être au programme de toutes les écoles des pays dits civilisés, de tous ces 20% qui consomment 80% des ressources de la planètes. Mes enfants ont du mal à comprendre ce qu'ils voient... une telle réalité leur échappe totalement... Mais entre nous, quelle est l'empreinte carbone de ce film? Le cout de 23 millions est avancé, mais le cout écologique n'est nulle part évoqué. On me répondra que Yann a créé l'association Good Planet qui mets notamment en place le programme Action carbone destiné à compenser les émissions des activités liées à ses projets artistiques. Mais je serai curieux de voir les chiffres...

Ce qui m'inquiéte le plus c'est qu'à force de faire croire que nos actions sont dictées par la philanthropie, c'est le philanthropique qui va se retrouver décrédibilisé. Quand le prix de l'action est trop élevé, pour des résultats aussi peu quantifiables, on ne peut plus parler de philanthropie. Autant pour Home, je veux croire que le film touche les conscience et parvienne à un certain éveil, autant envoyer un clown milliardaire dans l'espace (c'est la septième fois que ca se fera, ce n'est donc plus révolutionnaire), j'ai du mal à y voir une avancée pour la planète. On pourrait aussi s'amuser à calculer l'empreinte Carbone de cette mise en orbite, peut-être que des groupes écologistes auront la bonne idée de le faire...

Et je suis assez étonné que les médias n'évoquent pas, ou si peu, ces contradictions. Je n'ai trouvé que cet article du devoir en une aujourd'hui et ce post sur le blogue de la rédaction du journal Métro pour avoir un regard critique sur cette mission spaciale, sinon, le reste des médias semblent enchantés de l'opération, et c'est ce qui m'inquiète. Même les actions de nos grands hommes peuvent (et doivent) être soumises à la critique, surtout quand ils agissent au nom de la philanthropie...